yonathan

Tous les chemins mènent à l'homme !

05 juillet 2009

Dans un monde de surménés... (IVD 5)

L’Introduction à la vie dévote recommande confession hebdomadaire et eucharistie quotidienne, elle  réclame de chacun l’heure d’oraison : est-ce adapté au monde moderne habités de "surmenés" ?

C’est vrai F de Sales recommande la prière…

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-    « Le  chapelet est une très utile manière de prier … pourvu que vous le sachiez dire comme il convient ! »
-    Euh et comment on sait si cela convient ?
- « Vous savez, elles sont bonnes aussi toutes les autres prières vocales qui sont dans les Manuels et Heures approuvées, à condition toute fois que si vous avez le don de l'oraison mentale, vous lui gardiez toujours la principale place !
-    Et qu’est ce donc l'oraison mentale ?
-    Celle que je vous conseille….par dessus tout. L’oraison mentale et cordiale….et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et Passion de Notre Seigneur : en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui ; vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes. Il est la lumière du monde, c'est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés ; c'est l'arbre de désir à l'ombre duquel nous nous devons rafraîchir; c'est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures.

octo08AEP_Tamie__17_En fin, les enfants, à force d'ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage ; et nous demeurant près du Sauveur par la méditation et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui.

Si, en faisant l'oraison vocale, vous sentez votre cœur tiré et convié a l'oraison intérieure ou mentale, ne refusez point d'y aller, mais laissez tout doucement couler votre esprit de ce côté là, et ne vous souciez point de n'avoir pas achevé les oraisons vocales que vous vous étiez proposées; car la mentale que vous aurez faite à la place est plus agréable à Dieu et plus utile à votre âme. François de Sales IVD chapitre 1 

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30 juin 2009

C’est curieux cette attirance à semer dans le jardin d’à côté. (IVD4)

Il n’est pas rare que de talentueux baptisés ou pasteurs sillonnent  monts et vaux, courant eTHY120807__182_t semant ici et là la bonne parole, le bon point de vue et le bon conseil… Ils gèrent magnifiquement leur talent de charité mais ils n’ont pas de temps à donner au plus proche, au frère, au fils, au conjoint, à celles ou à ceux qui sont présents au foyer. Ils n’habitent plus la maison qui est la leur et ignorent les premiers frères qui leur ont été donnés. La sainteté, c’est du concret et de la proximité nous dirait lma Vie dévote !

La sainteté est humble elle est relationnelle et ne passe pas par la tête bien belle ou bien faite, ni par les mots et codes appris qui sillonnent les circonvolutions cérébrales.

« Ôte ta sandale de ton pied, car le lieu sur lequel tu te tiens est saint ! »  (Josué 5, 15). Faut-il en conclure hâtivement que nous serions porteurs de biens des poussières d’idées toutes faites sur Dieu ?  Possible! Mais  « Ôte ta sandale de ton pied.. » insiiste le Seigneur, car la sainteté est expérimentale, elle passe par les pieds et remonte en soi pour nous habiter…

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28 juin 2009

Une vie « dévote» ça me botte ... (IVD3)

N’est-ce pas un peu une formule  un peu démago ?

D’abord par bien des abords notre siècle à des similitudes avec celui de F de Sales !
Et puis l’évêque de Genève figure parmi les pionniers qui ont défendu avec véhémence que la sainteté n’est pas réservée aux spécialistes religieux ! Il a tracé à tous un chemin de sainteté. Il  a une vue  moderne de l’homme pour qui la sainteté consiste à devenir ce qu’il  est, réellement ; pas d’actes héroïques mais des gestes de la vie quotidienne !  « Tout  par amour » que nous soyons célibataires, mariés ou religieux, riches ou pauvres, artisans, ouvriers, ou patrons. Et au « tout par amour » il ajoute  le  « rien par force » éclot dans l’écoute de Dieu !

Alors inutile d’aller chercher midi à quatorze heures : si tu es étudiant préoccupe toi de ta science !

Si tu es amoureux, la sainteté consistera à t’occuper de celle ou celui que ton cœur aime.

Si tu es mère ou père, ce seront tes enfants qui seront l’objet de ton  engagement et de ton affection.

Si tu es curé ou évêque la sainteté consistera moins à de dire ou assister à trois messes par jour qu’à prendre soin de celles et ceux qui te sont confiés dans un geste intense de serviteur !

La sainteté, consiste  à « porter du fruit là où nous avons été plantés au chemin du monde ! »

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26 juin 2009

Sept dons en une fleur (IVD2)

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La charité cependant comprend les sept dons et ressemble à une belle fleur de lis qui a six feuilles plus blanches que la neige, et au milieu les beaux martelets d’or de la sapience, qui poussent en nos cœurs les goûts et savourements amoureux de la bonté du Père notre créateur, de la miséricorde du Fils notre rédempteur, et de la suavité du Saint-Esprit notre sanctificateur. Et je mets ainsi cette double crainte ès deux degrés, pour accorder toutes les traductions avec la sainte et sacrée édition ordinaire: car, si en l’hébreu le mot de crainte est répété par deux fois, ce n’est pas sans mystère, ains pour montrer qu’il y a un don de crainte filiale qui n’est autre chose que le don de piété, et un don de la crainte servile qui est le commencement de tout notre acheminement à la souveraine sagesse .  Traité de l'amour de Dieu, liv. XI, ch. XV.

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« L’Introduction à la vie dévote » (IVD1)

Vous trouvez de titre vieux de  400 ans  une apparence bigote ?

Facile ! Mais au fond c’est pas si ringard que ça : une vie « dévote» , dévouée, donnée à Dieu, moi ça me botte. Allez on en papote un peu !

123_2ptitreEst dévot ce qui est religieux, relié, ce qui a une attache à quelqu’un : un lien qui  unit à Dieu".
S’il fallait prendre le partie de traduire je dirai  « Ouverture à l’ardente vie ! »

Pour en souligner  le commencement, l’intention  et la direction plutôt enflammée et tellement intérieure de la démarche !

« Es tu branché ? » « Es tu branché  à Dieu ? »
C’est la question directe que pose François de Sales, patron des journalistes,  l’auteur de ce livre à succès,  d’il y a 400 ans mais terriblement moderne.

[dans saint François de Sales,

Introduction à la vie dévote, 1686 Musée

de la civilisation, bibliothèque du Séminaire

de Québec,123.2]

Le livre de l’Introduction à la vie dévote a profité de la révolution Gutenberg : pourquoi ne profiterait-il  pas de la révolution  électronique ? N’est –il  pas l’un des titres les plus lus dans l’Histoire de l’Église … paru  vendu en 1609, il ne cesse d’être réimprimé : une quarantaine de fois  du vivant de son auteur ! Voilà un livre écrit en français ! Non seulement pour les érudits de l’époque mais  pour le plus grand nombre. Aujourd’hui c’est une chance et un handicap. Chance d’accéder au texte dans notre langue, handicap de le lire dans un français ancien, les tournures, l’orthographe, le sens nous déboussole parfois. Chance  si l’on fait l’effort de  pénétrer et de gouter à notre langue… Handicap si on se met à traduire et trahir les textes… sous prétexte de les rendre plus accessibles !  capa_etapes_a_suivre

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23 juin 2009

Prêtre à porter ?

J’en appelle à ta décision car Il y aura toujours des pauvres parmi vous ! Le Christ l’a dit et bien sûr c’est vrai ! On a beau dire… que des travailleurs aux mains nues se sont levés, que  des hommes et des femmes ont arpentés les bas fonds, et se sont mis dans le pétrin, des luttes contre les maladies, des camps de refugiés, du transport du riz pour les affamés et les sans-toit… on a beau dire… qu’ils sont tellement à avoir fréquenté le bas des fossés, renoncé au haut du pavé et répondu généreusement au « sacrement du frère », avec leurs mains, leur imagination et leur cœur… on a beau dire, malgré tout cela la misère, il y en a encore de partout, sur tant de rivages, sous tant de visages !

Alors toi qui a tant reçu … j’en appelle à ta décision !
Toi qui a tant reçu, la tendresse d’une famille, les ressources des études, l’énergie des amis, des cadeaux de la vie… oui toi qui a reçu beaucoup ou peu,  ce n’est guère pensable de demeurer ainsi dans des sécurités fragiles, dans la sphère trop étroite de tes possibles ! Alors ?

Alors un choix s’impose ! Pour construire un monde plus juste et plus fraternel, non ?
Pour un univers, « un » mais  partagé, singulier mais pluriel et solidaire !   

« Gagner ta vie » serait-ce construire un petit empire que tu laisseras derrière toi lorsque plus tard ton pied aura franchi la tombe ? Ou bien faut-il accepter de la perdre pour la gagner, comme dit l'Évangile ? Et chanter encore  et encore
« Pour tout gagner s’il faut se perdre, Dieu nous a devancés
Pour tout gagner s’il faut se perdre, Risquons tout dans un grand feu.

J’en appelle à ta décision … à ton choix… à une prise de risque !
Tu es jeune, généralement on attend de toi que tu sois un bon  consommateur. On cultive le jeunisme, la fine musculation, la ligne du corps, la pureté de la peau. On te juge assez mal, d’après un tas de critères, look, contenance, habits, cheveux, musique…  qui ne reflètent pas ton univers intérieur…

Tu es jeune, tu es la clairvoyance, tu as une sensibilité pure, un regard acéré, un élan audacieux celui de ta jeunesse justement! Alors moi j’attends de toi que tu parles, avant que la fatigue ne t’oblige à répéter ce que l’on t’aura mis dans la tête.  N'attend pas ose la parole et le geste !

De cet intérieur tu peux faire jaillir un monde meilleur ! C’est bien aussi ici le point de vue de l’Évangile. Un copain à moi le dit  un peu autrement, mais c’est pareil ; écoute :
"Pour moi, Mon ami, je n'ai jamais pu approuver la méthode de ceux qui pour corriger l'homme, commencent par l'extérieur, par la contenance, par les habits, par les cheveux. Il me semble au contraire, qu'il faut commencer par l'intérieur. Car le cœur étant la source des actions, elles sont telles qu'il est.  François de Sales (IVD III,23)

J’en appelle à ta décision … à ton choix…
A ta capacité à bouger pour te rendre en visite « là-bas », chez l’autre à l’autre bout du monde, à l’autre bout  de la rue. Aller t’asseoir un moment à sa table ! J’en appelle à ton goût du voyage et de l’aventure, à la force de ton enthousiasme, au délire de tes rêves !
En chemin, au passage, je te donne la main, pour que nous devenions frère, ensemble il est plus facile de gagner le combat de l’Amour, de durer en Amour : « Ton cœur est la source de tes actions ! »

J’en appelle à ta décision … à ton choix … devenir prêtre à porter l’Évangile… (à suivre)

J’en appelle à ta décision … à ton choix … et en écrivant ce post je pense à toi… Julien, Marie-Hélène, Maxime, Christine, Thibault, Camille…. et si chaque visage n’est pas anonyme il laisse place à un autre visage, en un lent mouvement de fondu enchainé, passionné, presque interrompu !

J’en appelle à ta décision car Il y aura toujours des pauvres parmi vous ! Le Christ l’a dit et bien sûr c’est vrai ! On a beau dire… que des travailleurs aux mains nues se sont levés, que  des hommes et des femmes ont arpentés les bas fonds, et se sont mis dans le pétrin, des luttes contre les maladies, des camps de refugiés, du transport du riz pour les affamés et les sans-toit… on a beau dire… qu’ils sont tellement à avoir fréquenté le bas des fossés, renoncé au haut du pavé et répondu généreusement au « sacrement du frère », avec leurs mains, leur imagination et leur cœur… on a beau dire, malgré tout cela la misère, il y en a encore de partout, sur tant de rivages, sous tant de visages !

Alors toi qui a tant reçu … j’en appelle à ta décision !
Toi qui a tant reçu, la tendresse d’une famille, les ressources des études, l’énergie des amis, des cadeaux de la vie… oui toi qui a reçu beaucoup ou peu,  ce n’est guère pensable de demeurer ainsi dans des sécurités fragiles, dans la sphère trop étroite de tes possibles ! Alors ?

pretreAlors un choix s’impose ! Pour construire un monde plus juste et plus fraternel, non ?
Pour un univers, « un » mais  partagé, singulier mais pluriel et solidaire !   

« Gagner ta vie » serait-ce construire un petit empire que tu laisseras derrière toi lorsque plus tard ton pied aura franchi la tombe ? Ou bien faut-il accepter de la perdre pour la gagner, comme dit l'Évangile ? Et chanter encore  et encore
« Pour tout gagner s’il faut se perdre, Dieu nous a devancés
Pour tout gagner s’il faut se perdre, Risquons tout dans un grand feu.

J’en appelle à ta décision … à ton choix… à une prise de risque !
Tu es jeune, généralement on attend de toi que tu sois un bon  consommateur. On cultive le jeunisme, la fine musculation, la ligne du corps, la pureté de la peau. On te juge assez mal, d’après un tas de critères, look, contenance, habits, cheveux, musique…  qui ne reflètent pas ton univers intérieur…

Tu es jeune, tu es la clairvoyance, tu as une sensibilité pure, un regard acéré, un élan audacieux celui de ta jeunesse justement! Alors moi j’attends de toi que tu parles, avant que la fatigue ne t’oblige à répéter ce que l’on t’aura mis dans la tête.  N'attend pas ose la parole et le geste !

De cet intérieur tu peux faire jaillir un monde meilleur ! C’est bien aussi ici le point de vue de l’Évangile. Un copain à moi le dit  un peu autrement, mais c’est pareil ; écoute :
"Pour moi, Mon ami, je n'ai jamais pu approuver la méthode de ceux qui pour corriger l'homme, commencent par l'extérieur, par la contenance, par les habits, par les cheveux. Il me semble au contraire, qu'il faut commencer par l'intérieur. Car le cœur étant la source des actions, elles sont telles qu'il est.  François de Sales (IVD III,23)

J’en appelle à ta décision … à ton choix…
A ta capacité à bouger pour te rendre en visite « là-bas », chez l’autre à l’autre bout du monde, à l’autre bout  de la rue. Aller t’asseoir un moment  sa table ! J’en appelle à ton goût du voyage et de l’aventure, à la force de ton enthousiasme, au délire de tes rêves !
En chemin, au passage, je te donne la main, pour que nous devenions frère, ensemble il est plus facile de gagner le combat de l’Amour, de durer en amour : « ton cœur est la source de tes actions ! »

J’en appelle à ta décision … à ton choix … devenir prêtre à porter l’Évangile… (à suivre)
J’en appelle à ta décision … à ton choix … et en écrivant ce post je pense à toi… Julien, Marie-Hélène, Maxime, Christine, Thibault, Camille…. et si chaque visage n’est pas anonyme il laisse place à un autre visage, en un lent mouvement de fondu enchainé, passionné, presque interrompu !

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11 juin 2009

Les hauteurs...

Dans l’Évangile  nous sommes régulièrement convoqués à la hauteur, lorsque le ciel s’ouvre pour  laisser couler,  drue sur terre, la parole d’Amour de Dieu qui redit combien nous sommes ses fils  bien aimés. Sur le mont Mont Eremos, à mi pente Jésus déclinait le monde en béatitudes !

Sur le Mont Tabor qui annonçait  une  plénitude de lumière, de vie et de bonheur qui nécessita la passage par le Mont Calvaire. Ces montagnes forment une ligne de crête exceptionnelle !

Au pied des montagnes le rendez vous  à la chambre haute nous oblige aussi à l’élévation… et à la méditation sur la vie et la mission de Jésus.

« Décrocher » pour le voyage quotidien c’est  le risque majeur d’une réduction brutale de « portance » Lorsque plus rien ne vous pousse ni ne vous motive ; lorsque nous nous trouvons dans l’incapacité de supporter les charges confiées. Il y a pas mal de maux qui expriment le désarroi: désespérance, déprime, dépression, laisser aller, échec pastorale…

La chance m’a été donnée d’une autre forme de

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décrochage… pendant quelques heures. Non pour sombrer mais au con traire pour prendre de la hauteur ! La Savoie en ses  espaces le plus reculés et les plus élevés offrent  une respiration intense.

Le sentiment d’être monté à « la chambre haute. » pour  un moment, être assidus à la prière, pour ouvrir les yeux à l’immensité qui éveille à l’infini au-delà des pics rocheux qui déchirent le ciel. Mais aussi  pour ouvrir les yeux à l’éphémère et mystérieuse beauté  des milliers de fleurs et des marmottes à peine craintives sorties de leur trou d’hiver !

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« Voir merveilles en ces lieux-là ! » nourrissait et rechargeait le cœur de François de Sales.

J’ai été bien incapable de donner un nom à toutes ces créatures. Par contre à leur contemplation  j’ai  su redonner un nom à toutes les ratures de la vie qui  paralysent,  provoquent le mauvais décrochage et menace l’homme et l’Église ; à tout cet aveuglement spirituel qui s’installe  trop  vitement  sans crier gare et qui nous laisse parfois penser que nous sommes « arrivés!»
Installés dans une aura «évangélique», acquise parfois dans de vigoureux combats ; forts de nos engagements et de nos pratiques qui nous font le leurre d’un certain degré de perfection, de connaissance, de foi … Ivres des tant d’activités  qui nous font dire étonnées  que le temps passe si vite ; qu’il roule et se déroule si vite que nous n’avons plus de prise sur lui . Mais  s’il me manque cet amour je deviens néant ! Je ne suis plus rien sans cet amour né et nourri dans la contemplation des créatures de Dieu !
gentiane1Mon curé, au caté, jadis, les disposait, les unes après les autres  sur les marches d’un escalier. La première marche portait la pierre, améthyste  ou calcaire grossier. La seconde faisait fleurir une Gentiane bleue ou printanière ou encore portait quelque tourbe noire… Sur la troisième s’enroulait le serpent ou  grattait la marmotte. Sur la suivante l’homme debout sur un sommet temporaire… S’il voulait aller plus haut  il avait le choix entre redescendre, pour remonter plus tard, ou adorer une créature unique à l’une des marches. Il pouvait aussi tenter d’aller plus haut par un saut au risque du précipice. A moins, à moins qu’il ne choisisse modestement  d’emprunter le « petit pont de bois » fait de la croix du Christ qui ouvre l’espace infini de Dieu.


Pourvu que nous n’en arrivions jamais à nous satisfaire que de nous-mêmes ! Pourvu que nous n’en arrivions jamais à sous-estimer notre condition d’homme et de créatures.

Dans la grandeur de la « chambre haute » de cette journée  à plus de deux mille mètres j’ai exercer mon regard de croyant au discernement de la main de Dieu derrière chaque « habitant » de ce haut lieu minérale et animal, végétal ou tellement humain dans le geste du berger qui prépare l’alpage.

Pourvu que notre capacité d'émerveillement à nous chrétiens de ce siècle aille toujours  en s’agrandissant ! Allons… en route vers la chambre haute où le mystère de la foi fait vivre l’Église de Pâques et de Pentecôte.

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29 mai 2009

Esprit de dialogue, je t’attends !

Je me demandais quelle parole  j’allais lâcher dans la blogosphère… pour prendre part au concert des  voix de Pentecôte ! Et ce matin, ont perlé de brillantes  paroles suspendues aux fils de la toile, alors avant que le soleil ne soit trop haut j’en ai fait une photo... je vous la livre… Merci à Stéphane

StephaneboyerC’est aujourd’hui une réalité dont notre Église Catholique a du mal à parler. Le clergé est de plus en plus éclaté dans ses choix et dans la réponse que chacun donne au défi de la mission. Ainsi un paroissien revenant de son appartement dans le sud de la France me dit que le curé de la paroisse exige que tous les chrétiens se mettent à genoux au moment de la consécration durant la messe et qu’aucun d’eux ne sorte avant qu’il soit à la porte pour pouvoir serrer les mains, dans un geste suranné. Dans un autre lieu, le prêtre exige que tous les enfants qui font leur première communion apprennent à recevoir le corps du Christ uniquement sur la langue, comme si leurs mains étaient indignes de recevoir celui qui est né dans une crèche et mort sur une croix. Avec ces deux faits que viennent de vivre mes paroissiens, nous voyons une église du passée resurgir. On n’en parle pas pour ne pas se fâcher entre prêtres mais en fait les chrétiens subissent tous ces caprices d’un clergé de plus en plus autoritaire.

Je vous donne un autre exemple à l’opposé. Certains prêtres reprocheront à des prêtres de mon « genre » de célébrer des accueils pour les couples dont l’un des deux ne souhaite pas s’engager dans le mariage. Nous proposons à ces couples de prier à l’église pour confier à Dieu leur chemin, mais ils ne s’engagent pas dans le mariage. Quand l’un des deux n’est pas chrétien, c’est une façon de respecter chacun : un temps de prière qui permet au croyant de confier son amour à Dieu et pour celui qui n’est pas croyant, un temps pour méditer sur ce qui fait sa vie avec son conjoint.

Si j’évoque cette situation, ce n’est pas par esprit de division, pour dénoncer, pour montrer du doigt. Si je parle de cela, c’est que les chrétiens laïcs sont de plus en plus otages du clergé et je me mets dedans. Les laïcs doivent se plier aux désidérata des prêtres qui leur sont envoyés. Il n’y a pas d’espace pour rechercher ensemble sous le discernement de l’évêque ce qu’il convient de faire. Aujourd’hui notre Église ne dialogue pas, en partant du réel. Pourtant, être prêtre, c’est d’abord servir la croissance spirituelle et humaine de la communauté à laquelle on est envoyé. Il y a forcément un écart entre ce qui est bon pour les chrétiens et ce qu’on peut penser comme prêtre. Comment réfléchir non pas à partir de nos tripes mais avoir du recul ? Comment les prêtres avec les laïcs font-ils ce qu’on appelle de la théologie pratique ? Comment essaye-t-on d’analyser et de proposer des chemins adaptés à notre foi et à notre monde ? Un ami prêtre expliquait qu’après un Concile et la réforme qui le suit, il y a toujours un mouvement de contre-réforme. Ce n’est pas le refus du Concile mais un regard qui souvent veut revenir aux sources. Personnellement, je pense qu’il nous faut inventer et créer. Le passé peut éclairer mais ne doit pas entraver car la vie change et notre réponse de foi sera forcément nouvelle. Alors si l’esprit de pentecôte pouvait souffler pour que le dialogue vrai et sincère se vive entre nous ce serait une vraie grâce, un vrai cadeau.
À la semaine prochaine.
Stéphane Boyer Chronique RCF du jeudi 28 mai 2009
PS : bel exemple de dialogue dans l’Eglise, chapitre 11 des actes des apôtres.

Retrouver les chroniques de Stéphane Boyer sur le lien suivant : ici… Vous pouvez réagir et poursuivre ainsi l’échange.

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21 mai 2009

Quelle Ascension ?

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Lorsque les 7 & 8 août 1786 le médecin de Chamonix Michel-Gabriel Paccard et le cristallier Jacques Balmat réalisaient « une première » sur cette montagne, ils s’étaient élevés de la vallée bien que la jeune fille de ce dernier se mourrait ! Voilà la montagne fascinante, forte à la vie à la mort ! Il y a bien deux mouvement liés à la montagne et à ce besoin d’élévation, monter descendre honorant à la fois le physique et le spirituel : "L’Eternel descendit sur la montagne du Sinaï, sur le sommet de la montagne ; l’Eternel appela Moïse sur le sommet de la montagne. Et Moïse monta (Exode, 19:20). Babel, Horeb, Sinaï, Mont des Béatitudes, Mont Calvaire volà la diversité des montagnes bibliques, mais il s’agit toujours de la montagne de l’Eternel" espace sublime que Dieu choisit pour communier le monde des hommes et parler ! Montagne se dresse dominatrice, repère, aspiration elle irradie de voix et de couleurs, qui subjuguent les hommes de la plaine s’inclinant à se pieds, gravissant lentement ses pentes presque rituellement jusqu’à … tenter d’approcher la limite de la vie et de la mort, le point ténu où tout bascule, le moment où l’être humain se tient sur le fil du rasoir » (Paul YONNET, La montagne et la mort)

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Ce que nous cherchons, c’est le goût de cette joie énorme qui bouillonne dans nos cœurs, nous pénètre jusqu’à la dernière fibre lorsque, après avoir longtemps louvoyé aux frontières de la mort, nous pouvons à nouveau étreindre la vie à plein bras. Lionel TERRAY,
Les conquérants de l’inutille Paris, Gallimard, 1961, p. 85

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18 mai 2009

« Aujourd’hui déjà, je n’ai plus ces rêves »

casaldaliga« Aujourd’hui déjà, je n’ai plus ces rêves » dit le Cardinal. Le Cardinal Carlo Martini, jésuite, bibliste, qui a été archevêque de Milan et qui est mon collègue de Parkinson, est un ecclésiastique de dialogue, d’accueil et partisan d’une profonde rénovation de l’Eglise comme de la Société. Dans son livre de confidences et de confessions intitulé : « Colloques nocturnes à Jérusalem », il déclare : « Avant, je faisais des rêves sur l’Eglise. Je rêvais d’une Eglise qui suivait son chemin dans la pauvreté et l’humilité, qui ne dépendait plus des pouvoirs de ce monde ..... fleched

(Par Pedro Casaldáliga)

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