01 octobre 2008
Nous avons besoin de visionnaires, de pédagogues enthousiastes, de ces entraîneurs et initiateurs
Nathalie Sarthou-Lajus , dans l'éditorial du n° d'octobre 2008 de la revue ETUDES, dont elle est rédactrice en chef adjointe, nous propulse et nous stimule vers la tonique figure « du veilleur à contre-destin . Ce qui fait irruption dans la parole prophétique biblique, c’est, à l’encontre du fatalisme grec, le surgissement possible d’un avenir inespéré. »
Extrait :
« Une pensée du déclin ou de la régression tend à supplanter la pensée du progrès. Le scénario de la rédemption de l’homme ou de l’instauration de la justice dans le monde ne nous intéresse plus guère. A l’échelle individuelle, le problème essentiel consiste à ne pas répéter les situations d’impuissance transmises par nos parents. A l’échelle collective, nous cherchons également à éviter le pire. Nous sommes bien loin des revendications de progrès des générations précédentes. Pourtant, nous avons besoin d’un prophétisme capable d’ouvrir la voie à une forme de sagesse, ou à ce que l’on nomme aujourd’hui « l’éthique », pour tenir en échec le pouvoir de destruction de l’homme.
Nous avons besoin de visionnaires, de pédagogues enthousiastes, de ces entraîneurs et initiateurs dont parle Bergson dans sa morale ouverte, capables de donner à voir dans notre héritage ce qui n’a encore jamais été vu. Où sont-ils ces témoins capables de tenir sur l’avenir un langage neuf de positivité et d’espérance ? Ne pouvons-nous plus faire appel à la dimension prospective de l’imagination pour concevoir de nouveaux modes de pensée et de vie ? Notre contemporain est-il devenu incapable de voir plus loin que le bout de son nez ?
Pourquoi l’avenir n’est-il plus porteur d’imprévisible et d’inespéré ? »



