09 février 2009
Respiration !

Le mot de "passion"
désigne à la fois l'excès de l'amour
et l'excès de la douleur !
JEAN GUITTON
08 février 2009
J’ai excommunié Benoît XVI
Les bonnes paroles aussi roulent et se déroulent sur internet. Celle là est même arrivée tout droit dans ma boite. Elle est ici et là sur la toile. Vous la trouverez par exemple, pas toute seule... ici dans TC!
C’est énorme, c’est vrai, disproportionné avec ma chétive personne ! Mais il faut bien que je l’avoue, je ne peux pas le cacher aux amis : j’ai excommunié Benoît XVI. Alors que lui venait de lever l’excommunication des évêques intégristes… !
Vous ne me prenez pas au sérieux ? C’est pourtant vrai. Que s’est-il passé ? Fin janvier, quand Rome a consolidé ces quatre mitres schismatiques sans tenir grand compte de leur refus du renouveau du dernier concile, de la reconnaissance de la liberté religieuse, de l’œcuménisme, de l’ouverture au monde, et j’en passe, j’ai cessé de nommer l’évêque de Rome dans la prière eucharistique.
Notez que je n’ai pas inventé pareil silence. Dans les Églises anciennes – sentez comme je suis porté vers la Tradition ! – quand il y avait des chamailleries, souvent passagères, on cessait de faire mention pendant la messe des camarades avec qui on était en pétard. On les nommait à nouveau quand on avait arrangé les affaires. Donc pas de gloussements hypocrites, de soupirs vers l’unité, mais déclaration nette de désaccord jusqu’à ce que tout soit clarifié.
Alors j’ai fait pareil.
Et puis, trop, c’est trop ! Après la bévue de Ratisbonne, la nomination à Varsovie d’un archevêque, ancien indic de la police communiste, qu’il a fallu démissionner au seuil de la cathédrale, la création d’un prieuré pour quatre prêtres intégristes à la barbe de l’archevêque de Bordeaux, la possibilité offerte à ces intégristes dépendant directement de Rome d’ouvrir un séminaire (ce qui révélait, derrière les trémolos à l’unité, une stratégie de restauration d’une Église « à l’ancienne »), voilà qu’on fait encore des avances aux disciples obstinés de Mgr Lefebvre !
Lèverai-je un jour l’excommunication ? Il faudrait des signes de repentance et de fidélité en actes aux orientations de Vatican II.
Pourvu que je ne me fasse pas traiter de schismatique… Mais peut-être qu’à ce moment-là, on s’occupera de moi, on m’encouragera à célébrer la messe dans la langue de ma vie, avec les gens, sans leur tourner le dos, peut-être aussi qu’on sera soucieux de leur liberté de conscience, qu’on partagera davantage leurs attentes, quelles que soient leur religion, leurs convictions et les couleurs de leurs âmes. En se tournant résolument vers l’avenir ! Avec quelqu’un, un juif, qui semble un peu oublié à Ecône et qui ne parlait pas latin : Jésus.
par Gérard Bessières, prêtre
J’ai excommunié Benoît XVI
Les bonnes paroles aussi roulent et se déroulent sur internet. Celle là est même arrivée tout droit dans ma boite. Elle est ici et là sur la toile. Vous la trouverez par exemple ici dans TC!
C’est énorme, c’est vrai, disproportionné avec ma chétive personne ! Mais il faut bien que je l’avoue, je ne peux pas le cacher aux amis : j’ai excommunié Benoît XVI. Alors que lui venait de lever l’excommunication des évêques intégristes… !
Vous ne me prenez pas au sérieux ? C’est pourtant vrai. Que s’est-il passé ? Fin janvier, quand Rome a consolidé ces quatre mitres schismatiques sans tenir grand compte de leur refus du renouveau du dernier concile, de la reconnaissance de la liberté religieuse, de l’œcuménisme, de l’ouverture au monde, et j’en passe, j’ai cessé de nommer l’évêque de Rome dans la prière eucharistique.
Notez que je n’ai pas inventé pareil silence. Dans les Églises anciennes – sentez comme je suis porté vers la Tradition ! – quand il y avait des chamailleries, souvent passagères, on cessait de faire mention pendant la messe des camarades avec qui on était en pétard. On les nommait à nouveau quand on avait arrangé les affaires. Donc pas de gloussements hypocrites, de soupirs vers l’unité, mais déclaration nette de désaccord jusqu’à ce que tout soit clarifié.
Alors j’ai fait pareil.
Et puis, trop, c’est trop ! Après la bévue de Ratisbonne, la nomination à Varsovie d’un archevêque, ancien indic de la police communiste, qu’il a fallu démissionner au seuil de la cathédrale, la création d’un prieuré pour quatre prêtres intégristes à la barbe de l’archevêque de Bordeaux, la possibilité offerte à ces intégristes dépendant directement de Rome d’ouvrir un séminaire (ce qui révélait, derrière les trémolos à l’unité, une stratégie de restauration d’une Église « à l’ancienne »), voilà qu’on fait encore des avances aux disciples obstinés de Mgr Lefebvre !
Lèverai-je un jour l’excommunication ? Il faudrait des signes de repentance et de fidélité en actes aux orientations de Vatican II.
Pourvu que je ne me fasse pas traiter de schismatique… Mais peut-être qu’à ce moment-là, on s’occupera de moi, on m’encouragera à célébrer la messe dans la langue de ma vie, avec les gens, sans leur tourner le dos, peut-être aussi qu’on sera soucieux de leur liberté de conscience, qu’on partagera davantage leurs attentes, quelles que soient leur religion, leurs convictions et les couleurs de leurs âmes. En se tournant résolument vers l’avenir ! Avec quelqu’un, un juif, qui semble un peu oublié à Ecône et qui ne parlait pas latin : Jésus.
par Gérard Bessières, prêtre
Ah le jeune prédicateur !
Je vais vous raconter encore une histoire de Monsieur Boulage. Il avait invité un jeune prédicateur à prêcher sa fête paroissiale. Le prédicateur avait donné un sermon bien étudié, bien divisé, bien arrondi. A la sacristie, il s'attendait à recevoir des éloges, car il était convaincu d'avoir très bien dit. “Dites‑moi un peu, lui dit Monsieur Boulage, à qui avez-vous parlé?” — “Mais , Monsieur le Curé, à vos paroissiens.” — “A mes paroissiens du
siècle dernier, mais pas aux miens. Ils n'ont rien compris de ce que vous avez dit. Il fallait donc changer votre exorde et évoquer les âmes et les corps des paroissiens d'autrefois. Il fallait dire: «O vous tous qui reposez sous les dalles funéraires de cette église, paroissiens d'il y a cent ou deux cents ans, levez‑vous et venez assister à la parole de Dieu». Cela aurait été très bien. Ils auraient été contents. Vous avez parlé avec la langue, avec les idées d’il y a cent ou deux cents ans, vous les auriez tous ravis. Vous avez parlé pour mes paroissiens qui étaient sous terre et non pour ceux qui étaient assis sur les bancs, et qui ne comprennent plus ni votre langue ni vos idées. Prenez la résolution, quand je vous inviterai une autre fois, et je vous invite pour l'année prochaine, de vous adresser non à mes paroissiens morts, mais à mes paroissiens vivants”. J'entendis le sermon du prédicateur l'année suivante. Il avait profité de la leçon et il parla d'une façon intéressante et pratique aux gens qui étaient devant lui.
07 février 2009
Quand quelle chose ne va pas …
Nous sommes dans l’épisode du décret levant l’excommunication des évêques intégristes. Un épisode qui bien sûr va laisser des traces : non seulement il a provoqué une émotion énorme et profonde mais il a brouillé les cartes sur la réception de Vatican II, désorienté nombre de chrétiens à en juger par les réactions entendues ‘journalièrement’ autour de moi ou celles qui tombent spontanément dans ma boite courriel… Au-delà nous sommes en proie à la division des communautés déjà mise à mal par l’installation de « communautés nouvelles » ou l’imprégnation d’un nombre de jeunes clercs pour qui évangélisation et synonyme de croisade pour sauver un monde réputé mauvais par une fièvre du nostalgique (liée à une historie qu’ils n’ont pas connu) et une religiosité résurgente plus que malsaine.
Alors que s’est-il passé ? Rien de grave veut-on nous faire croire… Comme toujours lorsque problème il y a c’est une affaire de personne : « ah ce pauvre Mgr Williamson ! » inconnu jusqu’alors du grand public français. C’est de sa faute s’il y eut un séisme ecclésial sans précédent, d’une magnitude pire encore que celui qui secoua l’Église de France lors de l'affaire Gaillot ! On va lui demander de se rétracter et le tour est joué. Mais voilà un intégriste ne se rétracte surement pas aussi facilement que le pape parle … contraint à réagir, sous les pressions multiples de tous bords…
Chaque conflit, est né, est porté, se vit dans la vivacité du quotidien, avec des hommes et des femmes en opposition, qui certes ont leur caractère et aussi leurs faiblesses et blessures, mais pas sans cet autre partenaire qui n‘est jamais neutre, l’Institution ! elle est –puisque humaine avant tout !- capable elle aussi d’erreur et de fautes. Le pape n’est pas a l’abri de cette réalité !



