26 juin 2009
Sept dons en une fleur (IVD2)
La charité cependant comprend les sept dons et ressemble à une belle fleur de lis qui a six feuilles plus blanches que la neige, et au milieu les beaux martelets d’or de la sapience, qui poussent en nos cœurs les goûts et savourements amoureux de la bonté du Père notre créateur, de la miséricorde du Fils notre rédempteur, et de la suavité du Saint-Esprit notre sanctificateur. Et je mets ainsi cette double crainte ès deux degrés, pour accorder toutes les traductions avec la sainte et sacrée édition ordinaire: car, si en l’hébreu le mot de crainte est répété par deux fois, ce n’est pas sans mystère, ains pour montrer qu’il y a un don de crainte filiale qui n’est autre chose que le don de piété, et un don de la crainte servile qui est le commencement de tout notre acheminement à la souveraine sagesse . Traité de l'amour de Dieu, liv. XI, ch. XV.
« L’Introduction à la vie dévote » (IVD1)
Vous trouvez de titre vieux de 400 ans une apparence bigote ?
Facile ! Mais au fond c’est pas si ringard que ça : une vie « dévote» , dévouée, donnée à Dieu, moi ça me botte. Allez on en papote un peu !
Est dévot ce qui est religieux, relié, ce qui a une attache à quelqu’un : un lien qui unit à Dieu".
S’il fallait prendre le partie de traduire je dirai « Ouverture à l’ardente vie ! »
Pour en souligner le commencement, l’intention et la direction plutôt enflammée et tellement intérieure de la démarche !
« Es tu branché ? » « Es tu branché à Dieu ? »
C’est la question directe que pose François de Sales, patron des journalistes, l’auteur de ce livre à succès, d’il y a 400 ans mais terriblement moderne.
[dans saint François de Sales,
Introduction à la vie dévote, 1686 Musée
de la civilisation, bibliothèque du Séminaire
de Québec,123.2]
Le livre de l’Introduction à la vie dévote a profité de la révolution Gutenberg : pourquoi ne profiterait-il pas de la révolution électronique ? N’est –il pas l’un des titres les plus lus dans l’Histoire de l’Église … paru vendu en 1609, il ne cesse d’être réimprimé : une quarantaine de fois du vivant de son auteur ! Voilà un livre écrit en français ! Non seulement pour les érudits de l’époque mais pour le plus grand nombre. Aujourd’hui c’est une chance et un handicap. Chance d’accéder au texte dans notre langue, handicap de le lire dans un français ancien, les tournures, l’orthographe, le sens nous déboussole parfois. Chance si l’on fait l’effort de pénétrer et de gouter à notre langue… Handicap si on se met à traduire et trahir les textes… sous prétexte de les rendre plus accessibles ! ![]()




