yonathan

Tous les chemins mènent à l'homme !

08 avril 2011

Je vais t'aider mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi !

Ah elle ne manque pas de souffle Etty et celles qui la mette en scène !

C’est dans une grange aménagée en espace de rencontre et de théâtre, que je viens de passer une soirée ! La dernière fois que j’avais vu sur les planches Mary et Michel Vienot c’était à Vienne pour le spectacle « Le Pays d'Igor »

 

C’est un tout autre pays que nous avons traversé arpenté ce soir ! J’avais entendu parler Edith Stein et Simone Weil à travers récit et écrits, jamais, encore, Etty Hillesum. Ce soir c’est fait et bien fait ! Mary Vienot et Annick Galichet ont joué leur nouveau spectacle pour la quatrième fois : « Le Souffle d'Etty". !

 

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Mary Vienot            Annick Galichet             Michel Vienot  

 

Il s’agit d’une mise en scène (Michel Vienot) qui sort tout droit des onze petits cahiers à spirale, confiés à une amie, qu’Etty Hillesum a commencé à écrire, comme on accouche d’un enfant, grâce à «l’accoucheur de mon âme” dit-elle. (Un psy ! Oui un psy...) Ce sera sa manière à elle de mettre au monde et de nous mettre au monde !

 

Les premiers pas de ce spectacle, ont une allure d’abord très pédagogique ! Presque une caricature où les deux actrices joyeuses ou graves se disent l’une à l’autre avec complicité « dis on le joue ça, quand Etty rencontre son psy !? « Et c’est parti !

On avance par bonds. On se cogne le nez sur les parois du mur du labyrinthe, car tout commence dans un labyrinthe d’une naissance dans une famille fracassée, dans une époque des plus noires de notre Histoire. On ne sait pas ce que l’on cherche, mais on se rend compte, très vite, que nous allons devoir chercher avec Etty !
Petit à petit, nous nous acclimatons, nous aussi nous lâchons les « petits tracas de la vie », comme Etty, de cette vie qui nous a amenés là, dans ce théâtre... On se demande bien comment le puits d’une profondeur obscure pourra finir par refléter le ciel bleu tellement il semble ensablé ! Je n’en dirai pas plus mais ce sable ... il tient une place immense et remarquable dans la mise en scène !

Mais toua a fini par couler plus doucement, dans ce monde de violence : pas de mots qui égratigne, par de cris de souffrance, des griffes de la vie sont là, avec son cortège d’insoutenable mais Etty, sensible, tumultueuse au dedans, est inébranlable ! Son parti pris est celui de l’espérance ; le mot n’est je crois jamais dit, mais il est présent presque à chaque instant ! En fait la vie est “belle et pleine de sens” à chaque instant.

 

Le camp de détention de Westerbork, anti chambre des camps de la déportation et de la mort est représenté astucieusement durant le spectacle. Entassement, baraquement, maison du chef de camp et maison de nos vies. Il y a même une maison pour Dieu, il n’est ni Bon ni puissant il est « Mon Dieu » dit Etty ! Un Dieu qui lie sa vie à celle des hommes pour le meilleur et le pire du pire !

 

« Je te le promets, Je te le promets, mon Dieu, je te chercherai un logement et un toit dans le plus grand nombre de maison possible. C’est une image amusante : je me mets en route pour te chercher un toit. Il y a tant de maisons inhabitées, et je t’y introduirai comme l’hôte le plus important qu’elles puissent accueillir. »

La vie, l’amour, le sexe, l’histoire, l’inhospitalier, les exactions, l’avortement, les camps de la mort, le tragique, la musique, la poésie, les oiseaux, le Jasmin fané ou odorant ... bref tout "un monde réel ou saccagé" lui fait dire, que : “La saloperie des autres est aussi en nous. » et combien elle voudrait « être un baume versé sur tant de plaies" ...

 

Il n’y a pas de leçon, pas de morale, sur la vie, sur la mort, dans ce spectacle : juste la vie et la mort, le merveilleux et le douloureux qui se croisent, se répondent. Il faut ouvrir les mains plus que la pensée, et le cœur plus que la science pour y faire vivre Dieu !

 

« Je vais T'aider mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance. Une chose cependant m'apparait de plus en plus claire : ce n'est pas Toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons T'aider - et ce faisant nous aider nous-mêmes »

 

Dire qu’il y en a tant dans notre monde dans nos Églises qui pleurent le Dieu absent ! Hé bougez vous les gens allez voir "LE SOUFFLE D'ETTY". Il y aurait encore tant à dire mais c’est à vous maintenant ? Allez voyez quelle figure spirituelle pour le temps présent ! Merci Mary, Merci Annick !

( http://www.compagnielepuits.com/)

Posté par yonathan à 14:31 - Actuel - Commentaires [0] - Permalien [#]

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