yonathan

Tous les chemins mènent à l'homme !

24 juin 2012

Il est serviteur de la communion, mais remercié ?

carton_rouge« J’ai relevé le Père Marcel Schlewer de sa charge de modérateur de la paroisse « Charles de Foucauld » ainsi  s’exprime l’évêque de Grenoble qui vient de destituer de façon cassante le curé de la paroisse, un missionnaire de la Salette ! (Communiqué ici)  

« Remercier » un des derniers mots du communiqué de G de Kérimel, évêque de Grenoble est cruel et assassin, car miné de deux sous-entendus :

S’adresser à quelqu’un  en « remerciant tous ceux qui œuvrent pour la communion » c’est par opposition reprocher à  ce ‘quelqu’un’ de ne l’avoir fait !

Et puis chacun le sait, remercier, veut aussi bien témoigner quelque reconnaissance que  renvoyer, licencier, chasser, congédier, destituer…

Pourquoi destituer ?

Car « à l’occasion d’une contribution de la paroisse « Charles de Foucauld » à la consultation que j’ai demandée aux chrétiens du diocèse, le Père Schlewer a fait d’une lettre de paroissiens à l’évêque, une lettre ouverte qu’il a diffusée très largement à de nombreuses personnes et organismes avant même que je ne la reçoive. … » Guy de Kerimel Évêque de Grenoble-Vienne. « Cette lettre ouverte » vous la trouverez (ici)  signée par 236 paroissiens de la paroisse Charles de Foucauld dans l’Isère…

Là je remercie Michel B. pour son commentaire-compléments-d’enquêtes : « Est-ce l’en-tête ’‘Cher frère évêque’’, inhabituelle mais pourtant chaleureuse ? Est-ce la forme de « lettre ouverte », peu courante dans notre Eglise ? Est-ce le ton, pourtant respectueux ? Est-ce le contenu, dont l’expression est peut-être maladroite ici ou là, mais dont la teneur est d’une sage modération ? Ou est-ce simplement que la hiérarchie de notre Eglise ne sait plus écouter les attentes du peuple de Dieu ? Toujours est-il que sans avoir demandé à  rencontrer les signataires, l’évêque a convoqué le prêtre modérateur de la paroisse pour lui signifier qu’il était démis de sa charge à compter de la fin de l’été. 
Quelle que soit la participation de ce prêtre à l’élaboration et à la diffusion de cette lettre, quels que soient les différends antérieurs, la réaction de l’évêque ne peut être comprise que comme une sanction orientée vers un
subordonné  rendu responsable d’une action de ses paroissiens,  et d’un manque de considération envers les laïcs signataires…. Nombreux sont les chrétiens, et aussi les non croyants, qui sont consternés chaque fois que les institutions de notre Eglise adoptent une telle façon d’agir.  Nous le sommes aussi. »

« Bis repettia »

Entre le 10 mai 2006  jour du « limogeage brutal des oblats de St François de Sales en charge d’un ensemble pastoral à Vienne, suite à des initiatives, de laïcs et de prêtres, de la feu zone pastorale de Vienne et ce printemps 2012, six ans se sont écoulés ! voir


Mais les mêmes méthodes demeurent ! Il  s’agit encore d’un  « limogeage brutal d’un prêtre, religieux! »… qui fut  supérieur Provincial des Missionnaires Notre-Dame de la Salette.

Limogeage suite à « l’initiative audacieuse de 236 membres de sa communauté, est à l'évidence chargé d'enjeux.» (pour une fois où des chrétiens  d’ouverture s’expriment …) Nul n’ignore cet événement, qui fait crépiter les boites courriels, venant de prêtres amis du  diocèse de Grenoble-Vienne, d’indignées de ce diocèse et d’ailleurs ! Ce nouvel oukase ne surprendra que celles et ceux qui n’avaient voulu voir dans l’événement du 10 mai 2006 qu’un épiphénomène !

Chasser le naturel et il  revient au  galop… Mgr de Kérimel a su ici et là « ménager un peu des ouailles qui ne lui étaient pas forcément acquises.  Au fil du temps, il a cependant davantage montré son vrai visage, celui d'un évêque clérical et autoritaire. (Golias)

Le journal Golias, empêcheur de tourner et de croire en rond  titre ainsi : « Oukases épiscopaux ! Grenoble : quand les chrétiens préparent l’avenir … »  Oui quand les chrétiens préparent l’avenir … les curés trinquent !   

« Rien ne changera sur la terre des hommes ! »

Je retrouve six ans plus tard les mêmes ingrédients, les mêmes mots. Il  est fait référence aux  « évêques autoritaires, arrogants, cassants et brutaux dans leur gouvernement » Ce qui est en cause « aujourd'hui, c'est bel et bien un type de gouvernance dans l'Église … et qui est de fait la traduction en acte d'une théologie crispée et obsolète. » Ce qui est en cause le fameux crime de lèse-majesté : à la lecture du communiqué de l’évêque le 7 juin 2012, il  est  clair que ce qui est reproché au  curé c’est la « FC » = Faute de Communion (mot répété par incantation dans la lettre… »  l’argument est aussi abusif que connu !

De quoi  a-t-on besoin dans l’Eglise ? D’évêques autoritaires ? D’un agir brutal sans concertations, sans  considérations qui est que la traduction en acte d'une théologie crispée et obsolète déconnectée de l’esprit Vatican II ?
Jour après jour, je trouve que nous avons surtout besoin d’un peu « plus » d’attention à l’autre, de prendre soin les uns des autres ! C’est tout un programme dans notre Eglise !
Que l’Esprit Saint nous inspire de redire la prière eucharistique pour grands rassemblements : " Ouvre nos yeux à toute détresse, inspire-nous à tout moment la parole qui convient quand nous nous trouvons en face de frères seuls ou désemparés. Donne-nous le courage du geste fraternel quand nos frères sont démunis ou opprimés. Fais de ton Église un lieu de vérité et de liberté, de justice et de paix, afin que tout homme puisse y trouver une raison d'espérer encore."


Je sais combien ces moments sont difficiles puisqu’ils sont frappés d’injustice, déniant tout un travail accompli. « Mais la fraîcheur de l'Evangile n'appartient à personne, sinon aux hommes libres. Père Marcel Schlewer demeurez, un homme libre  »

Posté par yonathan à 22:55 - Réaction événement - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

  • Petite précision

    Frère Yonathan, ayant découvert ce jour votre blog recommandé par un blog ami, je suis heureuse de découvrir vos réflexions (24 juin 2012) sur l’affaire Charles de Foucauld/Schlewer/Kérimel que je trouve tout à fait proches des miennes.

    J’ai cependant une petite précision à faire, car j’ai été aussi très surprise de trouver sous l’appellation : commentaire-compléments-d’enquêtes de Michel B. le texte intégral de la
    lettre que l’équipe d’animation du groupe des Alpes de la CCBF a concoctée et envoyée, pour information, en usage interne, aux adhérents et sympathisants régionaux de la Conférence Catholique des Baptisés Francophones, par sa liste de diffusion.
    Il me semble que lorsque l’on transmet un texte sur le Net, il est convenu d’en signaler le ou les auteurs et éventuellement le support, ce que Michel B. a sans doute omis de faire.
    Notre texte portait comme titre « Quand le peuple de Dieu prend la parole ».
    Il semble que cela n’est pas encore accepté aujourd’hui par certains hiérarques.
    La devise de la CCBF est : « Ni partir, ni se taire »
    Oui, continuons à oser parler, notre Église en a besoin.

    Posté par odile, 28 juillet 2012 à 23:43

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