05 avril 2009
L'hiver en printemps
Le jour se change en nuit
la nuit se change en jour
Dieu continue l'existence de ce grand monde
en perpétuel changement.
le printemps en été
l'été en automne
l'automne en hiver
l'hiver en printemps,
et l'un des jours
ne ressemblent jamais
parfaitement à l'autre...
(F de Sales)
14 mars 2009
Samedi
Et bien ce Vendredi aura pas été pas mal !
La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué, (timidement !) ce vendredi 13 mars, l'archevêque José Cardoso Sobrinho et a nié l'excommunication.
« Il faut tenir compte des circonstances … » dit le président de la CNBB, Mgr Geraldo Lyra Rocha. Et comme d’habitude nous avons droit au couplet sur la mauvaise communication qui doit excuser tout ! Vous n’avez pas compris, mal interprété… ce n’est pas ce qu’il a voulu dire! Il ne voulait blesser personne ! Pas de chance … Nous avons entendu : excommunication ! Et il a blessé … un peuple, un pays, les chrétiens aussi.
J’adore le samedi car je ne suis pas seul il y a toujours visite de Sam. Et Sam me dit… ce que je ne dois pas oublier. Il est d’un grand secours !
Le samedi c’est un peu comme autrefois en pension. On mangeait les restes de la semaine, riz, pâtes, patates, le tout cohabitaient. On les avait eu séparément là c’était une ronde des entrées. Et bien c’est toujours comme cela il y a des choses inachevées, ce qui est resté en suspension. Et le samedi est le jour des fiancés, avant qu’ils se marient et des mariages quand les fiançailles arrivent à terme.
Un petit coin de temps pour peaufiner le dimanche, mettre une dernière main à l’animation aumônerie car les jeunes quand arrive le samedi s’apprêtent à reprendre du mordant de la vie : rencontre aumônerie entre autoécole, kiné, sport et re-kiné après s’être défoncés sur un ballon ovale.
12 mars 2009
Jeudi
C’est le jour offert à la préparation de l’homélie ! Plusieurs heures sont nécessaires à ce travail. Le temps de lire, parcourir une lecture qui s’est atténuée en ma mémoire, puiser aux sources de sa propre vie, découvrir d’autres facettes de la Parole vivante que nous ne retrouvons jamais où nous l’avons laissé la dernière fois ….
J’ai pensé un jour que je finirai bien par me lasser de ce travail… surtout comme vous dites Monsieur le Curieux, que les textes sont toujours les mêmes et les liturgies tellement répétitives à l’identique ! 
Mais peut-on reprocher en même temps que les liturgies soient toujours les mêmes en regrettant les liturgies dentant lorsque l’église était pleine, et omettre de participer, apporter une pierre de construction à la liturgie ? Bon je sais je vois encore de con-frère, jeune au look « curé » d’antan, le col immaculé et serré, venir préparer la liturgie de Pâques, le livre de droit canon à la main ! J’ai eu beau écarquiller les yeux je n’ai point vu la bible. J’ai eu beau écouter, je n’ai entendu que ces paroles lénifiantes : « Pourquoi chercher ailleurs ce qui est écrit aux rubriques détaillées de la liturgie : il y a tout ! » Oui c’est vrai con-frère il y a tout sauf la Vie !
Au passage je médite un instant sur le sens du mot liturgie, littéralement l’Action du Peuple ! Cela m’incite à tout faire pour que tous soit partie prenante de la liturgie. D’ailleurs il y a du travail, il a fallu sortir la camera, filmer une célébration et s’organiser une soirée « ciné club » … où nous nous regardions fonctionner : très révélateur ! On s’est même fait rire à certains moments. Maintenant au fil des semaines on travaille à revisiter la liturgie : une véritable formation permanente….
Mais aujourd’hui, c’est cool pas d’homélie, à préparer, hier soir de 18h30 à 22 h nous nous sommes retrouvés avec six jeunes, des lycéens et un « collégien », (ce n’était pas le moins actif !) pour méditer, échanger sur l’impossible miracle de la résurrection de Lazare. Car ils vont bientôt prêcher à une célébration de carême ! Non, je rigole, pas prêcher … tout de même le droit canon le permettrait-il ? Mais réfléchir l’Évangile pour offrir cette méditation au peuple de Dieu rassemblé. J’ai hâte d’écouter cette page d’Évangile à la lumière et au filtre de ces ados. De surcroît le tout s’est terminé par une excellente fondue, consommée après que le soleil soit couché ! Promis à l’occasion je vous communiquerai leur réflexion !
10 mars 2009
Mardi
Mardi
En me levant ce matin je repense à cette question qui préoccupe parfois tellement : que peut bien faire un curé dans son presbytère ?
Je ne veux pas chercher les querelles mais les pernicieux disent : « les prêtres ne travaillent que le dimanche ! »… Ce doit être vrai que les prêtres ne fouettent rien !
Tenez un jour je rentre à l’hôpital pour un petit séjour. Au bureau des entrées on me demande ma catégorie professionnelle. J’ignorais bien à quel label administratif j’émargeais. Patiemment j’explique mon cas ..
- Monsieur « Êtes-vous agriculteur ? »
- Je « bine » parfois mais ne jardine pas, car on s’est fait mettre à la porte du jardin. C’était pourtant un Eden et de plus je ne suis pas syndiqué ! Dans l’Église toute personne dit être adroite, comme le chef suprême, et s’abstenir à gauche !
- Alors un artisan ?
- Ah comme le Joseph et le fiston ! Ca on était prédestiné ! Mais je peux vous dire que tout ce que je fais c’est bien un peu artisanal et que ça manque de « sérieux » pensez vous la résurrection cela n’a rien de scientifique !
- Bon alors cadre ?
- Chez nous il y en a bien des cadres, avec chapeaux pointus, liserés et même parfois avec des fanfreluches rouges écarlates… Mais moi je n’ai rien de tout cela ! Donc hors cadre !
- Seriez-vous alors dans les professions intermédiaires ?
- C’est quoi ça ?
- Disons la fonction publique et assimilés : enseignant, soignant, administratifs ?
- Ah c’est pas mal cela oui … je traverse la vie avec une bible à la main et un bistouri de l'autre pour couper les pages et l’ouvrir, j’essaie aussi de soigner, mais je ne fais pas de miracles vous savez ! Quant à l’administratif les certificats de baptêmes à n’en plus finir cela j’ai arrêté d’en faire ça me sort pas les yeux !
- Bon voyons la suite employé ?
- Ah non pas employé mais sur employé, exploité même parfois. Nous sommes sous le régime (ancien) des « outres » (vieilles) : « vous êtes curé de paroisse, bien alors en outre vous allez aussi vous occupez des jeunes, des mourants, des montant, descendants, des gauchistes … des gays... heu non ceux là on ne nous demande jamais d'aller vers eux... sauf pour les foutre à la porte des séminaires !!! Alors basta !
- Ouvrier ?
- Vous n’y êtes pas non ! Pas rentable ! Que l’on commence à la première heure ou à la dernière ce serait toujours le même salaire… Faut tout de même pas pousser ... le patron est sympa mais là il exagère il confond vocation avec captation …
- Il me reste retraité…
- Surement pas … enfin par ci par là, à Tamié quelques jours de retraites mais pas plus !
Alors la sanction tombe, après ces très sérieuses recherches dans la nomenclature de l’Insee, toute confuse la personne au guichet me dit : Vous êtes donc « inactif » !
Du coup je rentre à l’hôpital un peu plus malade que prévu !
02 décembre 2008
anniversarius
Année qui tourne et retourne
Elle tourne vers un ciel nouveau,
Car il n’est pas vrai
qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil !
Elle retourne sur le moment donné offert vécu
Et oblige à relire les événements toujours différents
aux lendemains des jours vécus.
05 octobre 2008
Une chance : vivre près de l’Abbaye de Tamié.
Avec les jeunes de l’aumônerie nous avons une fois de plus vécu intensément une rencontre à Tamié.
Tamié, un haut lieu sous la Belle Etoile, 1852 m : extrémité de la barrière naturelle enclavée qu’est le Massif des Bauges qui domine en cet endroit Albertville
L’abbaye en ces pentes du massif, est à son image à la fois sauvage et apaisante. Arrivée en ce lieu nous ressentons les paroles du Ressuscité qui nous murmure, « La paix ». D’une manière plus païenne mais non moins convaincante je dirai simplement il y a des tonnes d’ondes positives ici.
Tamié c’est un petit clin d’œil : « Le 16 février 1133, des moines de Bonnevaux en Dauphiné, -proche de Vienne- ayant Pierre à leur tête comme abbé, s’établirent à Tamié. »
Ce haut lieu et le poumon
spirituel des trappistes,
mais aussi une source pour chacun.
Un espace où le silence, la prière, la rencontre
donnent de l’espace
à la vie intérieure.
Tamié est ce lieu privilégié
qui donne la place à la Parole
avec goût et exigence du beau
et en cette hauteur,
sur le fan de la Belle Etoile
la parole dialogue
avec les « choses » de la vie !

30 septembre 2008
Je me dis…
C’est vrai, ne rien oser entreprendre
Ce n’est pas prendre le risque absurde de se tromper
et d’être en échec !
Mais à coup sûr c’est régressé et revenir en arrière. 
C’est vrai, ne rien oser entreprendre
Ce n’est pas prendre le risque de se laisser séduire
et courtiser
Mais rester de marbre, n’est-il s’enfermer sous le toit de la tombe des morts ?
C’est vrai, ne rien oser entreprendre
C’est ne pas risquer ses talents,
Et leur érosion !
Mais les enterrer et surtout priver les autres de mon regard et de ma façon d’aimer !
09 août 2008
Etre contraint
Etre contraint, être repoussé, être exclu... n’est jamais situation heureuse, surtout lorsque l'exclusion n'est pas la résultante logique d'un carton rouge, c'est-à-dire d’une faute commise, de règles du jeu plus ou moins sciemment enfreintes. Toute exclusion fait naître et grandir un sentiment des plus douloureux, l’injustice !
.... Julien, Joan, Jacky et les autres... nous devons sentir probablement quelques degrés dans la panoplie toujours renouvelée des exclusions. Mais je doute qu’il y est des exclusions anodines et d’autres majeures. Toutes ont l’effet du couperet qui détache, sépare, isole et rejette à l’extérieur et déporte ou au contraire enferme en l’intérieur et concentre ! Et en extrême ces forces contraires se cumulent lorsque la déportation est concentrationnaire et l’enfermement dans le camp de la mort est extermination !

Contraindre, repousser, exclure, trouve sa forme aboutie et définitive dans la mort : mort dans l’âme, mort sociale et mort physique. La mort quelqu’un soit sa forme est probablement bien l’enjeu, tenir, retenir, détenir, avoir barre sur quelqu’un jusqu’à le supprimer, l’éliminer, efface toute peur ! Parce que la peur est à la source de l’exclusion, elle est « plus grand mal que le mal » comme sait le dire F de Sales.»

L’exclusion est artifice pour son instigateur qui trouve bénéfice momentanément. Mais à terme l'épreuve de l'exclusion ne grandit jamais celui qui en est l’auteur. Voilà un surfeur sur la vague des acquis faciles. Il est dans l'immédiateté et s'en recule. Il détache sa silhouette sur un fond d’océan perçu comme un lieu amical, source de bonheur lui donnant une puissance séductrice considérable. Mais, malheureusement, cet océan peut masquer bien des dangers et tout transformer en un lieu hostile, source des plus grands malheurs. Il est ballotté par le grain en surface de l'océan. Chatouilleux et enjôleur au rythme des clapotis, il est incapable de saisir l’intelligence d‘une situation ni son histoire : il ne voit pas naître et s'installer la houle venue du large qui s’agite au fur et à mesure que les fonds marins diminuent. Il profite de la vague qui balaie tout sur son passage.
Pour celui qui l’a subie, l’exclusion, s’il a pu tant bien que mal résister au naufrage, apporte une liberté inouïe. Une sérénité comparable à un ciel apaisé après l'ouragan. Nait alors en lui cette fierté discrète d'avoir résister. Ce qui lui importe ?
Avoir tenu debout contre ce mal !
N’avoir pas renoncé à ses convictions ou composé avec ses valeurs.
Ce qui le fera vivre dorénavant ?
Cette force puisée dans l’expérimentation de la solidarité qui repousse la solitude en cet instant crucial et éprouvant de l'exclusion.
L'expérience et la certitude de trouver au-delà des solidarités humaines plus ou moins timorées, une autre présence, plus enveloppante, plus paisible, à travers un simple regard qui se pose sur soi, un clin d’œil silencieux, une tendresse, un amour. La main lourde de Dieu ou la légèreté de son souffle alors nous touche. Il est venu sans parler, sans dire qu’il préfère la victime, sans dire qu’il rejette le criminel, sa présence fait du bien, fait le bien, et le bien ne fait jamais de bruit ! En cette liberté de ne devoir rendre le mal pour le mal, s’installe une unité retrouvée et une véritable paix intérieure.
C’est ici que s’initie probablement le pardon qui viendra un jour parfaire et étendre l’unité et la paix !
S’il est bien difficile de pardonner, c’est moins une question d’héroïsme que d’agenda: car pour pardonner il faut être trois à l’heure d’un rendez vous ... D'abord être touché par cette présence bouleversante, discrète, aimante, qui redonne du sens à la vie blessée ou brisée, puis il faudra bien sûr cette présence réelle et parlante de la personne qui demande le pardon, et en fin la présence de celui qui a subi l’injustice, debout, déterminé à se relever, et a relever les yeux pour envisager un avenir et un nouveau regard sur celle ou celui qui l’a blessé si fortement. Oui il est plus important et plus durable de se savoir aimer que de se savoir ou se vouloir venger.
21 juillet 2008
Elle continue la vie
Le 25 juillet 2007 nous partions pour un Camp paritaire Franco-Béninois au Burkina Faso ! Un an déjà.
Un courriel reçu ce jour du Bénin me rappel des paysages et bien des visages
« Ici la douceur des pluies reverdit agréablement la bordure des pistes.
L'effort des braves paysans dès le levé du jour confirme la parole des anciens: « la terre ennoblit toujours qui sait lui confier ses peines... » et c'est vrai: nous « grillotons » déjà les premiers épis de maïs... quelques grains d'arachide frais, ébouillantés au pot au feu, courageusement ventés par ces braves africaines: "arachide! arachide!... papa, vient manger (acheter) d'arachide...c'est bon hein..."
Et ce matin, je constate que les nouvelles ignames sont aussi sortis!
Elle continue la vie... elle avance!... Et c'est si vrai!... à voir de près, au cœur de ses produits de terre, autrefois germes enfouis, les mauvais herbes ont poussé parfois si proches...si, si, proche...
Mais elles qui savent confier leurs peines à la providence terrestre le savent aussi: à force de vouloir éloigner la mauvaise poule, on finit par chasser la bonne aussi. Alors, le regard patiente! La parole se fait silence! La terre travaille! J'aime cette métaphore du Royaume où l'humain est convié à régner comme le Père... »
07 juillet 2008
Fermeté et souplesse
Le temps est là de reprendre souffle
retrouver la saveur sublime de Dieu
à travers le goût de la montagne
et de sa cascade qui me rappelle
l’unique mouvement de l’humain et du divin. 
Contemplation de cette tension
entre tumulte et embrun,
fermeté et souplesse,
force et douceur,
grâce et liberté:
étonnante intensité
où s’opposent ciel et terre,
caché et révélé,
savants et tout-petits,
fardeau et repos ...





