Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
yonathan
Publicité
10 mai 2007

Le mois de Mai serait-il mois de la résistance ?

resiter

Nous le connaissions bien comme mois de Marie ! il est vrai voilà une femme qui a su résister, à la tentation de se réfugier derrière un « non » protecteur, à la tentation d’accaparation de son fils pour elle-même, tellement elle a tout mis en œuvre pour faire advenir ce fils au cœur de ce monde.

Mai 1968 on a reparlé, récemment, histoire de le liquider ! Mais une page d’histoire ne se raye pas comme cela sur le seul désir du prince.

Mai, mois de la sève ardente; mais surtout quand le printemps est précoce,  les jeunes pousses devront résister aux intempéries et frimas toujours sur un possible retour.

Et en 2006 un certain 10 mai, ce blog en porte les traces, le mot résistance a été prononcer comme réquisitoire !

En ce mois de mai « Résistance », voilà un mot qui revient sur le devant de la scène avec les élections de ce printemps. Même qu’il est  un candidat qui capta devant les caméras le champ des partisans, sur le haut plateaux sacrés des Glières. Et d’autres malheureux qui calment leur rage dans  la déclinaison  de toujours résister, hier, aujourd’hui et demain, pour les siècles des siècles, ainsi soit-il ! 

Lucie Aubrac exprimait ce mot  « résister doit toujours se conjuguer au présent. »

Résister est construction avant d’être destruction, ouvrage avant d’être sabotage. Il n’est pas forcément nécessaire de faire sauter des ponts ou des vitrines, ni bruler des  voitures et encore moins, incendier des écoles. Encore faut-il être attentif et décrypter de tels événements qui ne sont pas automatiquement le fait de « casseurs patentés ou idéologiques. » En ces jours, nombre de jeunes manifestants jugés en comparution directe n’ont pas de fichier et ne sont pas connus de la police. Ils sont des étudiants, en prison maintenant, pour quelques mois !

Que veut dire résister ?
Résister c’est envisager la supériorité de l’esprit sur la force physique. Quoique pour durer dans la résistance mieux vaut parfois avoir une bonne santé !

Il s’agit d’abord de résister contre un ennemi mortel : la facilité, le « ça-va-de-soi » Résister contre tout ce qui s’impose sur le devant de la scène, comme inéluctable, immédiatement saisissable et consommable. L’engagement dans la résistance consiste à se démarquer de ce qui s’impose : une norme, un loi, une force, une mode… Résister, consiste à s’appuyer sur les quelques ancrages solides et positifs qu’il nous faut d’abord nommer et sur lesquels nous pourrons construire et envisager un demain. 

C’est ensuite poser un regard sur le monde avec suffisamment d’acuité pour détecter toutes les formes insidieuses qui distillent un goût, une mentalité, une habitude de consommateur et vouloir s’en désenchanter.
Alors vivre pour consommer ou consommer pour vivre ? Certes il ne saurait être question de renoncer à satisfaire aux besoins fondamentaux : se nourrir, s’habiller, se loger, faire la fête … Mais serait-ce pour autant que tout se vendrait que tout s’achèterait ?

Et là la résistance commence quand  s’écrivent en lettre d’or ces formules et slogans néolibéraux pernicieux. « Travaille plus pour gagner plus ! » « Sois le meilleur et reste-le !» « Ne t’égare pas dans quelconque acte de repentance qui n’est qu’une haine de toi-même »

Résister c’est abandonner cette idée que tout m’est du, à partir du moment où mon désir c’est exprimé.

Résister c’est créer et développer des portes d’accès à l’autre, et aux peuples, plus loin que leurs enfermements, plus loin que ses propres enfermements et développer un « droit d’ingérence chez l’autre» : comme s’il n’était pas moral de s’occuper des autres !

Résister encore contre cette certitude qui me faire croire que j’ai raison, que je suis le meilleur, le plus fort et que je peux bien profiter, jouir de ce plus et défendre ma place; tant pis pour les vaincus et les déclassés !

Résister c’est refuser en définitive une ascension vers un pays de cocagne, vers une aire de pureté, qui m’éloignerait et me couperait des autres au point de les laisser à leur triste sort ! Faudrait-il que je me nourrisse de leur mort ?  

Je veux encore résister car posséder, sans être un vivant, vraiment, n’est que paillette et artifice : suffisance et  arrogance aux yeux des autres.  Il y a un chemin  sur lequel je suis appelé - la résistance n’est-elle pas toujours en chemin, en sentier, par monts et par vaux – c’est un chemin ou je peux être sans avoir … sans avoir, comme Lui, ni besace, ni maison, ni endroit ou reposer sa tête.

J’ai encore du chemin à faire pour résister et aimer.

Publicité
Commentaires
Publicité
Archives
Publicité
Publicité