La chance d’un nouvel évêque ?
( Ceci suit le post précédent... http://yonathan.canalblog.com/archives/2008/02/02/7795136.html)
Oui il y a une chance à jouer, une chance en soi, non pas par ce que celui qui part aurait été bon, moyen ou nul… -M. Sarkosy noterait ses ministres, à voire, en tout cas pas Benoît XVI ?- mais tout changement permet de reposer les questions fondamentales. Quelle église voulons-nous ?
Je ne suis pas naïf. Cette question est purement théorique, je veux dire elle n’est que fortuite et factuelle, en aucun cas politique. L’Eglise n’est pas une démocratie. Loin est le temps où le peuple est allé chercher comme évêque le préfet païen de l’empire romain en la personne d’Ambroise ! La réponse que l’on apporte à cette question posée, «Quelle église voulons-nous ? » ne participe d’aucune manière à la désignation de celui qui sera nommé évêque. Dans l’Eglise c’est trop souvent du style, « cause toujours tu m’intéresses ! »
Alors se poser la question à quoi bon ? Pour dire et redire un rêve, une conviction un combat…
Oui à une Eglise qui s’empare de la promesse de Dieu. L’enjeu est de taille à un moment où tant de contemporains doutent…
La situation présente n’est pas forcément peinte en couleur espérance…
Nous véhiculons, l’Église et la hiérarchie de cette Église pour une part y contribue largement, une image dépassée ou décalée de l’Eglise catholique de France. S’il était difficile hier de se dire athée dans un monde religieux, il en va à l’inverse aujourd’hui dans une société déchristianisée, sceptique et sécularisée où il devient tellement difficile de se dire croyant. A tel point d’ailleurs que nombre d’ultras, montent au créneaux dans de nouvelles croisades d'évangélisation ou de "re-christianisation" de l’espace social.
Je préfère pour ma part au sein de la société actuelle un véritable débat qui permette à chacun d’exister même au prix de remises en cause, mais qui donne à chacun de s’affirmer tel qu’il est y compris différemment.
Et c’est ce que j’attends d’un évêque.
- Qu’il ne soit pas obsédé par la critique ou la dérision que distille parfois la culture et les medias, ni par la chute des vocations, la baisse inexorable des prêtres, et l’affaiblissement de la pratique et du rite religieux. Qu’il ne se prête pas à faire croire que puisqu’elle est animée par l’Esprit de Dieu, l’Eglise est éternelle. Il n’y aurait qu’une Eglise divine qui puisse être éternelle. Mais l’Eglise qui est nôtre, est comme nous, humaine - parfois inhumaine- donc périssable. Le plein d’espérance et de foi en notre Eglise est entretenu par l’Esprit du Seigneur, certes, il ne nous abandonne pas, mais il pousse chacun à devenir ce qu’il est, et tous ensemble à devenir un peuple de la promesse !
Que le nouvel évêque …

- encourage et ouvre un « Osons parler » vrai, dans une culture de débat, pour une Eglise où l’on parle et se parle.
- se libère de toutes contraintes, soumission et autocensure et sorte des « silences entendus » particulièrement pour "défaire certains nœuds disciplinaires et doctrinaux" qui font problème dans l'église catholique tel que l’exprimait, en 1999, le cardinal Martini, évêque de Milan, lorsqu’il proposait une nouveau concile.
- propose une pastorale qui permette de dépasser le verrou pastoral d’une Église roulant sur les deux rails des deux catégories, prêtres et laïcs, en inventant une lettre de mission qui « ordonne » des hommes et des femmes, des personnes mariées ou non à la mission, pour prendre soin des communautés, en faire advenir de plus fortes et de nouvelles, les animant, les conduisant et célébrant avec elles l'Eucharistie. (Amis de Chem’Vert … à vous de jouer !)
envisage d’interpeler et de rentrer en dialogue avec celles et ceux, mariés, célibataires,
pacsés, divorcés, et tous les autres… qui disent oui à l’Evangile en mettant réserve ou négation sur l’Église ! Car cet Evangile provoque nécessairement une aventure communautaire d’où nul ne puisse être exclu, ni ne doive s’exclure.- encourage au jour le jour dans les vallées, les montagnes, les plaines… chacun, et chaque communauté, en leur disant sans cesse : « Inventez, créez, suscitez l’Évangile, faite Eglise, là où vous vivez, travaillez, aimez et luttez, sans attendre une réforme qui viendrait de mon chapeau ! (à suivre surement !!!)