Conversion bien ordonnée...
Il y a peu, nous parlions avec des enfants du Pardon. Cela tombe bien après les soldes, c’est le carême !
D’accord on en parle moins du carême que des soldes, cela attire moins les foules. Normal, normal… car la conversion du cœur s’initie derrière la porte refermée, à huis clos, se confirme dans la joie retrouvée et s’épanouie par le geste qui apporte un supplément de bonheur à soi, à l’autre et même à Dieu !
Donc il y a quelques jours, nous parlions « conversion » avec les enfants qui préparent leur première communion. Nous en sommes venus à évoquer la trahisons du secret confié par un ami. Et nous mesurions ensemble l’étendue des dégâts, blessure et tristesse, dispute et colère, rupture. Il en va toujours ainsi lorsque la confiance est blessée ! La confiance s’est comme une porte, elle doit être ouverte ou fermée , ouverte c’est le bonheur, fermée c’est la mort !
C’est alors qu’un enfant se retourna vers son voisin, en lui faisant remarquer, souligné par un vrai sourire -car côte à côte, malgré tout ils étaient restés dans la confiance- que trahir cela était tout lui ! La conversion ne commence-telle pas d’abord par soi, ne concerne-t-elle pas d’abord soi-même. Je sais, il est plus aisé d’avoir un plan de conversion pour l’autre mais cela ne s’appelle plus conversion mais travaux dirigés ou « ordre de route »… Car en définitive nous voyons bien comment nous pouvons convertir des dollars en euro, ou de la fonte en acier.. Mais quand il s’agit de religion, de vie spirituelle, le verbe convertir ne se réclame-t-il pas toujours de la forme pronominale ? « Je me converti ! » Il est vrai que les missionnaires ont voulu convertir au christianisme les peuples d’Afrique, mais justement, nous en avons mesuré aujourd’hui, les limites parfois dramatiques et les confusions.
L’Eglise se convertit… un peu ! Lentement.
- « Seigneur Jésus Christ nous te prions pour ‘soustraire ce peuple juif de ses ténèbres’ et de ‘'aveuglement’… » et bien cela, n’est plus à dire ! Enfin ce n’est plus à dire comme cela, car il faut quand même prier pour la conversion du peuple Juif ! Quelle progression ! Quelle avancée ! Benoît XVI vinet de décider, nous sommes en 2008… de modifier la prière "pour la conversion des juifs" contenue dans le missel tridentin et destinée à la liturgie du Vendredi saint, en y retirant les appels à "soustraire ce peuple de ses ténèbres" et de "l'aveuglement". Foi d’Osservatore Romano, mardi 5 février !
Vous avez remarqué que cela concerne le missel tridentin pour le Vendredi saint… et il y a belle lurette que ce missel est au musée, sauf pour ceux qui vivent dans les musées ! Pour ceux qui vivent dans le monde et qui essaient de l’aimer, il y a bien longtemps que leur prière pour les hommes et les femmes de ce temps, qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans, d’autres religions ou athées, s’efforcent d’exclure de leurs formules les paroles qui laisseraient supposer que chez l’autre tout est ténèbres et aveuglement. Oui la conversion nous concerne tous !
Conversion bien ordonnée commence par soi-même : François de Sales nous le rappelle dans sa poignante harangue pour la prévôté (Fin décembre 1593)
« C'est par la faim et la soif, endurées non par nos adversaires mais par nous-mêmes, que nous devons repousser l'ennemi. C'est par la prière que nous le chasserons ; car ce genre de démons, vous le savez, ne peut être chassé que par la prière et le jeûne »

Bonne fête de Carême !