Ces idées qui ont la vie dure: Jeunesse pourrie…
Elle est vraiment pourrie ? Vous dites cela pour rire ? Non ? Ah ! Cela revient presque en boucle. J'ai reçu un petit montage power-point... ce genre de message qui circule sur la toile... Je l'ai entendu. Il m'a fait pensé à plein de choses. Vous pouvez cliquer sur l'image vous aurez accès à ce montage. Et je vous livre deux ou trois réflexions à partir de ce montage stimuli !
Il y eut un samedi où je fus devant une cathédrale parée d’une large et vaste place. La cathédrale était ouverte. On entendit bientôt monter la rumeur des klaxonnes du samedi, vous savez ceux qui scandent vive la mariée… Pour l’instant le cortège se dirige vers la mairie. Il est nécessaire de passer devant le Maire avant de rejoindre le Père ! (pas celui du ciel bien que les mariés soient à cette heure-ci déjà sur leur petit nuage…)
A cette cathédrale, que personne ne connait dans cette ville… (tout se perd…) j’arrive donc par l’immense parvis que je traverse. Ici des promeneurs, là des gens qui courent après … je ne sais quoi, et au beau milieu de la place des acteurs accoutrés en téléphones portables du célèbre réseau orange… ils n’ont pas l’air d’y croire ! Et là juste devant la cathédrale une foule de jeunes bruyants, buvant, et s’adonnant à quelques mouvements de glisse sur leurs skates. Je monte les marches j’entre dans la cathédrale, elle est déserte, paisible. Je me laisse toucher par l’intensité de ce lieu pour mieux me préparer à recevoir les consentements des époux. Puis je finis par arriver à la sacristie. La sacristaine est là, le bedeau aussi. Je me présente, en disant que je devance les mariés. Ils ne me connaissent pas, ne connaissent pas les mariés, « ils ne doivent pas être d’ici ! » dit elle mi regret mi désabusée. Ils ne savent pas si il ya une messe. Ni qui sont les chanteurs en train de répéter. Ni comment installer les chaises des heureux élus du jour. Ni .. ni.. ni.. mais par contre ce qui les préoccupe se sont ces jeunes, ces voyous qui squattent l’entrée de la cathédrale, ils ne respectent rien. « Ils ne vont même pas laisser passer les mariés. » Le portable sort de ses étuis. Le numéro composé est celui de la police appelée apparemment pour la nième fois cette semaine. « De toute façon elle ne fait rien la police, ils ne viendront même pas ! » Les jeunes salissent, font du bruit, crachent et pissent partout… bref ils dérangent. Ce n’est pas facile d’être sacristine et bedeau en 2008 ! J’ai lu beaucoup une émouvante désespérance dans leurs yeux et de la lassitude aussi… C’est sûr la « La jeunesse se moque de l'autorité » Ce n’est pas moi qui le dit, ni la sacristine ! Mais
Socrate… quelques 400 ans avant Jésus Christ, bien avant qu’il y ait des cathédrales et des mariages à l’église ! Socrate a même épilogué là-dessus : « Notre jeunesse aime le luxe, elle est mal élevée, elle … n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui sont des tyrans. Ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et ils sont tout simplement mauvais. » « Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du cœur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d'autrefois. Ceux d'aujourd'hui ne seront pas capables de maintenir notre culture » (inscription sur une poterie babylonienne - 3 000 avant J.C.)
Des reliques de ces poterie et du martèlement de ces poncifs qui condamnent la jeunesse jusqu’aux appels impuissant à la police y a-t-il vraiment quelque chose qui a changé ? Si nous convenons facilement que tout compte fait un enfant turbulent c’est mieux qu’un enfant trop calme malingre et trop calme nos avons infiniment plus de mal à tolérer le bruit de l’ado qui se construit.
Leurs chantiers ne seront jamais silencieux et longtemps encore ils vont perturber notre tranquillité et notre arrangement de l’univers. Car ils sont au temps où il faut s’essayer… « oser la parole ». A cette heures des tumultes et des révoltes, le pire serait le replis le rapetissement dans le creux du groupe des copains. Le pire serait la mascarade à peine perceptible derrière un rideau de fumées et de mauvaises lumières. Ces ados ont mis au moins une décennie à se construire et voilà que patatras, d’un seul coup d’un seul, la belle ordonnance, du corps, du cœur, des connaissances vacillent et se renversent : tout est à réapprendre, point par point, jusqu’à ré-appréhender son propre corps devenant si différent. Alors le combat s’ouvre, pour chacun, pour une nouvelle naissance, un nouveau réveil, où ils vont devoir se remettre debout et apprendre à résister ! Arpenter leurs nuits, criez leur colère, ciseler les gestes et les mots de la vie et de l’amour, libérer ces mots qui les brûlent si profonds. Oui ils risquent aussi de cracher, cracher au monde leur désir de vie et leurs pulsions de mort.
N’est ce pas à ce moment là, qu’ils ont le plus besoin d’un père et d’une mère, d’un parrain ou d’une marraine, d’un ami véritable, capables d’écouter, de dire aussi, mais surtout de reconnaître les pas qui construisent et qui refondent leur avenir.
Il serait facile d’opposer à chaque dérive d’ado pour laquelle on appelle police secours… un moment inoubliable de tendresse, d’art, d’accomplissement de virtuose… mais je sais que ce dialogue est stérile, pire il finit par énerver encore plus celles et ceux qui désespèrent des jeunes et qui immanquablement contribuent à les désespérer ! Alors l’issue à ce conflit ne consiste-t-il pas surtout à « rame
ner le cœur des pères vers leurs enfants »… Lorsque Jean Baptiste est annoncé dans l’Evangile de Luc ( 1 17) on dit de lui qu’il « marchera par devant sous le regard de Dieu, avec l’esprit et la puissance d’Elie, pour ramener le cœur des pères vers leurs enfants et conduire les rebelles à penser comme les justes, afin de former pour le Seigneur un peuple préparé. » Pour nous, vos ainés, il est facile de vous affubler, vous les jeunes, de bien des défauts, allant jusqu’à oublier ou nier les qualités qui vous habitent, mais une qualité demeure, irrémédiablement: vous êtes nos successeurs ; au sortir du chantier vous serez les adultes de demain, à notre place !
