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yonathan
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6 juillet 2008

Pelures d'oignon ...

« Mon Dieu que je vous aime. Je voudrais vous embrasser un par un ! »
InggridbtComment parler, enfin plutôt, comment évoquer la « Dame ». Cette dame sortie des griffes de ses geôliers et à peine, libérée plongée dans les méandres  épineux de la politique-spectacle, des feux médiatiques, des  polémiques naissantes, des  préséances concurrencées. Je roulai sur a route ce vendredi là. La radio déversait son émission spéciale « le retour de la franco-colombienne », la libération de « l’ex otage des Farc », la libérée, la « miraculée de la jungle ». Le message aurait du être clair et intelligible, le message aurait du   provoquer l’unité, la communion, mais trop de messages tue le message. … Jai coupé la radio. Silence…Qu’il est difficile d’aller au cœur. Qu’il est difficile de trouver le goût enfoui, de le savourer à l’état pur ! zoignon22Comme avec l’oignon, il va falloir faire tomber chaque pelure pour mettre au jour des choses longtemps oubliées, les choses conservées au cœur… même si chaque pelure tombée provoque une pleure.
« J'ai beaucoup pleuré pendant 7 ans, de douleur et d'indignation. Aujourd'hui, je pleure de joie. »
Comment aller au cœur… sans être barré par ces « pelures » qui protègent, dissimulent, escamotent ?  Ne pas se laisser posséder par ces mises en scène régentées pour le « mieux-paraître ». Ne pas se laisser happer par cette séduction visqueuse dont se nourrissent  les pouvoirs. Ne pas se laisser berner par le soin que prennent les chefs à l’encontre de leur égo. Ne pas se laisser détourner par les inévitables contradictions devant l’incompréhensible qui suscitent doutes et suspicions.
C
omment dans un tel cocktail de drogues, de narcodollars, d’armes, de guérilla, de survie, de luttes à la vie à la mort, de soif de pouvoir avec son cortège d’exactions, et de compositions, aller au cœur de la réalité humaine, intense de joie profonde, immense  de liberté, pour y communier ?
J’aurais voulu des silences, non pas que les media se taisent, surtout pas, mais que le vécu d’une personne, dont la parole d’ailleurs a indéniablement  encore beaucoup à nous dire, que le vécu d’une famille dont le geste à été plein de doutes et d’espoir, de tendresse infinie et de confiance, que tout cela  intense, intime, contenu, et certes mêlé à chacun par le jeux de  la scène publique, ne soit pas voilé, troublé par la gesticulation politique, partisane, par les polémiques légitimes ou iniques.
Que le Président de la république soit personnellement touché  par cette libération, qu’il éprouve, sentiments, émotions … et qu’il l’exprime qui saurait lui reprocher? Que les élus assument leur travail de représentation, quoi de plus normal ? Que les amitiés, quelque en soient leurs origines, laissent place à des retrouvailles  chargées d’émotions ne peut être que hautement respectable. Que celles et ceux qui ont livré un combat, de soutien, de conquête, de liberté, parfois dans l’anonymat des marches blanches s’expriment par un regard émerveillé cela est  fort heureux.
Mais que l’on se glisse dans l’événement pour le retourner vers ses propres intérêts, que l’on  profite de l’émotion pour glisser quelques nouvelles pelures, (de bananes cette fois -ci), que l’on associe son nom à tous les événements, à toutes les situations, cela finit par tellement énervé que l’on a envie de devenir à soi tout seul, le singe qui ne voit plus, qui n’entend plus, qui ne dit plus rien.
Pourtant il nous faut encore rester éveillé et veilleur. Ingrid Bétancourt a été sortie de la jungle, et avec elle Thomas Howes, Keith Stansell, Marc Gonsalves, Carlos Bermeo, Raimundo Malagón, José Ricardo Marulanda, William Pérez, Erasmo Romero, José Miguel Arteaga, Armando Florés, Julio Buitrago, Armando Castellanos, Rodríguez de la Policía, John Jairo Durán ! Surement, restera-t-il à comprendre et mettre des mots sur les procédures de cette libération, surement restera-t-il encore à entendre l’heure venue comment  une prisonnière  de par sa force intérieur, fusse-telle enracinée dans la foi, a contribué à sa propre survie et du coup  à sa propre  libération. Il restera encore à recevoir  des paroles nées de l’épreuve  pour les transformer en projets, en désirs en libération pour et avec d’autres encore. Surement aussi faudra t-il tout faire, vous et moi, pour que …. « personne plus jamais ne soit sujet de situations comme celles que j'ai vécues... Oui, je veux plus qu'avant servir. On doit construire un monde différent. » A commencer à n’en point douter  par tout faire pour les autres  prisonniers, détenus en zone de non droit, torturés, otage ici ou là… soient libres et éprouvent l’expérience de la libération. Surement va-t-il falloir ouvrir nos consciences à ces paroles fortes nées d’une expérience  exceptionnelle hautement humaine en un temps et un lieu cruel et barbare et donc inhumain ! "Si vous saviez ce que c'était, une muraille d'arbres, des bêtes les plus épouvantables les unes que les autres. […] C'est un monde absolument hostile avec des animaux les plus dangereux dont le dernier était l'homme ! " « Ce qui m'a fait mal dans la jungle est resté dans la jungle. J'ai appris à pardonner. Je suis en paix [...] L'avenir s'ouvre. Je suis libre et libre d'envie de vengeances ou de rancœurs. Non, il n'y a pas de place pour cela, le bonheur est trop grand. » (vendredi, journal de 20 h de TF1)

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