Le chant du départ ?
L’Église est traversée par une vague de personnes qui tantôt avec discrétion ou plus de publicité, apostasient ! Ou plus clairement … ils veulent se faire débaptiser, changer de nom, changer d’être… Je peux contester mon baptême le remettre en cause ? Oui surement.
Car enfin m’a-t-on demandé pour me porter sur les fonds baptismaux ?
De surcroit paraît-il, le curé qui m’a baptisé a affirmé que j’avais une tête de futur prêtre !
Alors m’a-t-il jeté un sort ? Étais-je donc prédestiné ? Cela rendrait l’histoire de mon baptême lourde très lourde !
Bah si on demandait à l’enfant à naître ou qui vient de naitre son avis pour être porté au bord du fleuve de la vie la vie ne serait plus depuis longtemps ! Et puis le biberon, bien que surement moins délicieux que le sein maternel peut-il avoir un goût amer ?
Il y a des jours où mon humeur, elle, est amère. Aussi je vibre parfois à la voix de ceux qui contestent les positions de Paul VI, Jean Paul II, Benoit XVI sur la contraception, la pilule, le préservatif …. Où je suffoque en entendant les déraisons épiscopales concernant la lutte contre le sida, le retour en grâce des intégristes et leurs cortèges de mystères malsains, les mystifications d'un évêque négationniste, les subtilités des arrêtes en travers de la gorge qui n’empêchent pas de vivre ou encore les échappées vaseuse sur les jupes des femmes…
Il y a des moments où je ne me reconnais pas dans les positions velléitaires, autoritaires et inconséquentes de nouveaux évêques imbus de leur mitre et de leur crosse, ni dans les nouvelles formes d’obscurantisme qui resurgissent ça et là dans l’Église. Ni également dans son silence, trop souvent lourd devant l’enfance violée, les champs de mines personnelles, l’escalade de l’armement, où l’indifférence dans la lutte contre la peine de mort….
La liste est assez longue pour demander d’être dé-ordonné, dé-baptisé… il est vrai que lorsque l’institution ne permet plus de vivre, de se positionner du côté de la vie réelle, de la vie humaine, lorsque l’institution trouble ce que j’ai découvert du Dieu-du-cœur-humain, il n’y a rien qu’une chose à faire, la quitter, la fuir.
Seulement voilà ce n’est pas ce que j’envisage de faire en ce moment. Car l’Église elle-même m’a offert, par celles et ceux qui m’ont accouché au monde et à elle-même, (des évêques des papes des laïcs, des religieux…) deux raisons pour lesquelles je lui serai, je l’espère, toujours reconnaissant.
La première n’est pas anecdotique : elle est celle de la conscience. Il y a beau écrire et récrire tous les codes, toutes les lois canoniques, divines, papales… au dessus de celles-ci s’en trouve une, ultime, altière et dernière la voix de ma conscience…
La seconde est plus importante ; capitale même ! Elle est celle de l’alliance, de l’amitié. Je ne crois pas que l’Église qui manipule, lois, dogmes, représentations, symboles soit un lieu d’idée, ou de pensée. L’Église n’est pas cérébrale, elle n’est pas un parti, ni un syndicat, ni une association, encore moins une secte animée par quelque gourou ! Mais elle est un espace où des hommes se rassemblent pour être ensemble, en «assemblée de citoyens » vivre ensemble comme frères et sœurs de Jésus, comme fils et filles d’un même Père. C’est le lieu où je suis conduit à dire je t’aime, avec tout ce que je suis, en épaisseur de vie, en opacité de misère, sans être conforme à tel ou tel schéma ou exemple. Car tout simplement, mais étonnement, c’est là que Dieu a décidé de vivre !
Si je veux continuer à émarger à cet Église, il est vrai que résister devient un acte aussi quotidien que le pain du notre Père, une autre manière de dire ne nous soumets pas à la tentation !
La révolte nous donne rendez vous lorsque les risques idéologiques, les pièges des compromissions humilient l'homme. Pour cela résister, être au service d’une sainte révolte, nécessite de se forger une vie à la manière du prophète dont le s actes accomplissent les paroles !
Si je veux continuer à émarger à cet Église, il est vrai que dialoguer est l’impérieux besoin de la communion.
Être frère nécessite d’abord de se parler. Se parler nécessite de reconnaître l’histoire de chacun, sans imposer le chemin, ni la vérité, ni même la vie, au risque même de l’épreuve du doute. La nouvelle évangélisation consiste d’avantage à décrocher le Christ de nos églises, le déclouer de maisons, le libérer de notre cou où il est pendu… qu’à organiser des croisades. Ne plus posséder le Christ ! Mais seulement le toucher et se laisser toucher par lui.