le chant de l’Unique ...
Pâques : un bonheur. Beauté de la montagne, intense richesse des célébrations, regard renouvelé sur ce que je croyais acquis, ou impossibles...
Pâques : bien des malheurs. Tremblement de terre, otages, guerre, mort de l’ami, maladie du proche… sans oublier les déclinaisons sur la crise qui dure dont on ne cesse maintenant de dire comme une espérance qu’elle est derrière.
Alors pâques revêt-il la monotonie des autres jours en alternance d’euphorie et d’agonie ? Pas du tout ! Car tout est possible à Pâques !
Pâques n’est pas un choix entre malheur et bonheur ni même un équilibre aléatoire entre l’un et l’autre. Pâques c’est le chant de l’Unique Vie tantôt merveilleuse tantôt douloureuse, tantôt douloureuse de tellement de jouissance tantôt éclatante de beauté et d’espérance dans l’impossible souffrance ou obscurité. Pâques c’est le chant de l’unique Vie, changeante, mobile, car justement vivante… et en chemin ! Voilà une vie qui jaillit de revirements successifs. (Lecteur si tu es fatigué tu peux en rester là , sinon poursuis !)
Pâques est la chance de changer ce qui nous guette: la courte vision des choses, l’émotion trop réactive ou la motion trop construite ! Pâques est ce silence nécessaire pour donner amplitude, dilatation, à la vie qui est d’abord notre vie pour qu’elle ne soit plus étriquée, bornée ou rythmée par la Pavlov-attitude mais augmentée, gonflée, par le Christ qui nous ouvre la Vie !

(Lecteur si tu peux patienter, viens avec moi égrener les mots de la semaine.)
Lundi à la cathédrale cela a été dur ; à la sortie j’ai eu tout le mal du monde à obtenir quelques centilitres de la Belle et Bonne Huile. Par contre à la mairie de l’autre côté du parvis, le pot servi, a été ouvert et international !
Mardi les mots se sont croisés, des textes d’auteurs connus ou inconnus mais des mots qui, dits simplement, nous ont tenus en haleine durant une heure pour faire reculer de quelques millimètres, à peine, « les faims du monde. » Ce fut aussi l’occasion d’entendre des voix nouvelles : belles perspectives !
Mercredi nous avons fièrement mis en évidences les huiles acquises avec détermination quelques jours avant. Un peu d’huile dans les rouages de nos horloges et de nos mécaniques : le temps de demander pardon de vivre une réconciliation communautaire tout en sacrement, c'est-à-dire tout en signe d’Amour qui s’enracine en Dieu !
Jeudi un enfant m’a redit au milieu de l’homélie qu’à son dernier repas, Jésus était présent avec tous les amis de Dieu… bien au-delà des 11 ou 12 disciples. Cela n’ouvre-t-il pas de bine belles perspectives si tous nous sommes concernés par cette parole : « Désormais, faites ceci en mémoire de moi ! »
Vendredi alors que je préparais l’homélie Marie Hélène J. m’en a apporté la conclusion. Je ne savais pas encore que la transmission de pensée fonctionnait sur la Toile. Alors allez voir le texte de Pâques de Marie H … Et le soir la méditation de Gethsémani ne me laisse jamais insensible….
Samedi, la grande veillée, celle que je ne voudrais pas délaisser pour rien au monde. Un confrère m’avait di t un jour qu’il était vain de faire autre choses que ce que les rubriques de la liturgie proposaient et qu’il n’y avait donc pas lieu de préparer… Cette semaine la préparation a été longue, les signes de Pâques n’étaient autre que ceux du feu, de la lumière, de la croix, de l’eau, du pain et du vin…. mais la vie était étroitement mêlée au cri de la bible et de la Résurrection. La litanie de l’unique Vie nous a offert mille signes de communion, grâce aux amis en visite surprise, au parvis où des passants nous ont regardé avec un sourire narquois, à l’Église pleine, à la lumière, à l’eau, aux plus jeunes, aux anciens et à la table des amis partageant l’agneau pascal aux herbes amères et au pain azyme !
Dimanche l’Église était comble pendant que l’ami s’en allait dans son ascension Nous avons senti la présence du Ressuscité, pendant que toi André tu quittais cette terres en faisant l’expérience du Ressuscité.