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yonathan
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21 février 2010

C’est curieux la vie...

Hier  ... j’étais vert monseigneur Le Vert, évêque de Quimper et Léon (29) en apprenant que « les notes du piano de Didier Squiban ne s'élèveront pas sous les voûtes de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper. L'artiste aurait pu y jouer, le 6 mars, dans le cadre d'une semaine-hommage à Frédéric Chopin. » «Chopin est un artiste majeur mais la vocation première d'une église est d'être un lieu de prières et de louanges» dixit Monseigneur !
Ce matin  j’étais heureux de pouvoir dire à des  futurs mariés que les musiques, pour la célébratoin, seraient de leur choix !  Car je ne vois pas comment le chant et la musique - classé académiquement sacré ou profane- puissent être autre qu’une  démarche spirituelle... Par  son  activité,  l’homme, à fortiori le musicien, communique quelque chose de ce qu’il est, de sa quête, de sa vérité, de son idéal de beauté et de bonheur !

Et ce soir j’étais en admiration ! Monique M. une amie,  (qui a horreur de mes fautes d’orthographe, qui adore la musique, qui excelle au chant, ...etc..) m’a fait parvenir trois  photo de l’Église où nous avons ensemble  partagés des moments de prière mais aussi de cris de détresse ou de joie. Cette Église à Chuzelles a été  restaurée. Une merveille déjà avant... alors maintenant  c’est encore plus beau... (Promis Monique je passe un de ces jours revisiter !)   

ChuzCette  Église  abhorre un  retable, qui a partagé  entre « pour et contre »  comme  dans la bible, les brebis d’un côté, les boucs de l’autre ! Là aussi  il est besoin de concilier culte et culture et  bousculer les limites soit disant intangibles du profane et du sacré ! 

Ce qui est sacré dans l'art c’est l'expression ou l'œuvre de l’homme... qui s'en dégage. Il s'agit d'un "talent" donc quelque chose de précieux dont nous pouvons plus ou moins apprécier l'esthétique. On peut dire il est vrai que toute œuvre née de la main de l'artiste n'a pas vocation de plaire ... à tout le monde. Pourtant, peut venir un moment où l'on vienne vous demander qu'as-tu fait du "talent" que l'on t'a remis? Alors avant de l'enfouir, de le perdre, de le repousser, il faut retourner mille fois sa langue dans sa bouche et le faire avec unanimité.


Ce retable interroge, il est à l'arrière fond de l'autel. Il ne se lit pas sans l'autel qui invite à passer à table: une lourde table de pierre, une meule, qui tire le serviteur vers le fond, et broie le blé pour qu’au temps, le pain soit partagé.
Pour que le blé advienne et que le pain soit rompu, sa croute cassée, pour libérer "l'ami" il faut le dur labeur de la charrue qui fend la terre, profondément dans un sillon noir et redoutable qui enfouira la graine. Oui ce retable est "dur" par sa matière, comme un métal trempé ! Il est aussi d'une trempe exceptionnelle puisqu'il est fait par les mains de l’artiste-soudeur, de baguettes ou électrodes dans un alliage...
Fruit de la création et du travail de l'homme prend du sens à travers la force de l'expression du retable. En fin de compte ce retable a une tellement belle raison d'être: plus importante que de cacher la porte de la sacristie ! Il nous oblige à repenser la messe comme une offrande radicale, la posture du serviteur comme un geste qui coute, et le pain partagé comme un sacrifice. Nous sommes au cœur de l l'Eucharistie !
Sans compter que la terre et les pas plus ou moins profonds, (du chemin de Croix, chemin de Passion) le tabernacle, l'autel, les cercles, le métal, les arrondis, les polis, ainsi que les angles durs... se parlent et ouvrent un chemin de mystère dans cette Église. Alors ôter un de ces interlocuteurs serait risqué pour qu'une parole soit encore libérée !

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