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yonathan
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18 mars 2011

De retour du Bénin

Il y a une question, qui ne surprend pas le voyageur du Nord accoutumé à la rencontre au Sud ! Là question de Dieu ! «Et chez vous, Dieu, vous en avez fait quoi, vous, qui l’avez emmené jusqu’ici ? »

C’est vrai cela, pourquoi en France on ne croit pas, plus, en Dieu ? Réalité ou fiction, en tout cas ce questionnement et étonnement n’est jamais loin dans le dialogue euro-Africain !

En tout cas, marcher sur la terre d’Afrique s’est être rattrapé par la question de Dieu. Une religiosité à fleur de peau ! Le nom de Dieu n’est-il pas partout inscrit et mêlé à l’activité humaine et aux sentiments... Oui ici, contrairement à notre paysle nom de Dieu et ses déclinaisons couvrent l’espace public. Il n’y a pas ici d’espace séparé entre le sacré et le profane, entre le privé et le collectif. Ce n’est pas pour autant que tout est public, ce n’est pas pour autant que l’hospitalité reconnue ne recèle pas un arrière pays de secrets, de tabous, de silences et de retraits profonds qui font dire qu’il est bien impossible de connaître un africain !

benin2011_050_redimensionnerOui, ici le signe religieux envahit la vie: appel incessants des mosquées, manifestations religieuses, chants rythmés des églises de plein vent, qui rassemblent des foules... Des foules, dans une profusion et confusion d’églises, de religions traditionnelles et de sectes. En marchant en Afrique subsaharienne la valeur profonde et le sérieux de sa religion traditionnelle ne peut pas échapper !

Alors que chez nous on cloisonne, on sépare, ici on mêle, et mélange la divinité à la nature, à l’humain, au cœur de son action et de ses préoccupations !

Chez nous, si les philosophies du soupçon semblent toucher et ébranler instituions traditionnelles, politiques, syndicales, religieuses… lentement, à peine encore, nos certitudes et nos « croyances » et dévotions, consumérisme, matérialismes, scientisme résistent.

Ici, ce n’est pas qu’il n’y ait pas de tentation, avec ses dérives, notamment de corruption, mais l’homme, parce qu’il est homme, ressent ce besoin de dépasser l’horizon du quotidien parfois glaiseux car terrestre pour s’élever à une réalité transcendante. L’homme est en même temps, objet et sujet, tourné vers la science et la conscience.

Ici, en « visite du chantier » : la paroisse universitaire, aura bientôt sa chapelle, que dis-je sa cathédrale. Le chemin de croix des Vendredis de carême, rassemble en plein midi, à 35°C, des marcheurs entre les cours, sur le campus universitaire, même. J’ai célébré cet été à l’amphi 2 plein à craquer ! La célébration de mardi gras durant deux heures et demie était élan de piété et de prière avec des rites plus traditionnels qu’acculturés ! Le mercredi des cendres, la foule est encore plus importante, comme il y a plus de monde chez nous à Rameaux chacun venant chercher son buis ou son rameau béni ici chacun veut la cendre pour lui ou pour emmener à la maison, au vieux, qui n’a pu se déplacer ! Jeudi, lendemain de cendres. En visite sur un autre chantier de construction rural, avec Bernard de Clairvaux. Avant de remonter dans le 4*4 immatriculé ONG, pour partir, plusieurs travailleurs viennent demander à recevoir les cendres. Bernard a pensé à tout, il sort la petite boite de cendres bénies la veille ! Un petit groupe se retrouve au bord du chantier sous le regard de tous les autres, une catéchèse, une prière, un rite se déroulent avec une extrême simplicité et beaucoup de ferveur !

Oui, les églises se construisent et de remplissent pendant que chez nous elles se vident et de se ferment !

 

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