Prendre soin et avoir deux fois plus d’égards ...
« Les responsables qui exercent bien la présidence dans l’Église méritent deux fois plus d’égards et d’honneurs, notamment ceux qui se dévouent au ministère astreignant de la prédication et de l’enseignement. » 1 Timothée 5: 17
L’Église nous la disons volontiers et justement, experte en humanité ! C’est donc qu’elle doit, surement, savoir prendre soin de chacun !
Église : cité refuge !
L’Église perpétue la tradition née du Premier testament : instituer des cités refuges !
Dieu ordonne à Josué (Josué 20-1-3) de bâtir plusieurs villes de refuge en territoire conquis. Elles étaient destinées à accueillir, aussi bien, celles et ceux qui avaient commis un homicide involontaire, que l’étranger et les enfants d'Israël.
Notre Église ne devrait-elle pas devenir toujours plus ce " refuge " pour celles et ceux qui sont abattus, et qui ont besoin d'aide, y compris parmi les acteurs pastoraux ?
Ne devrait-elle devenir toujours plus pas capable de prendre soin de celle ou celui qui est poursuivi, hanté, menacé, découragé, triste et abattu ?
Que serait notre Église si elle venait à oublier d’apporter la guérison intérieure à ceux qui sont brisés? Si elle manquait de miséricorde. Si elle se met à plus juger qu’aimer : encourager, relever et consoler ?
Une pastorale de la santé !
Nous n’avons de cesse de vouloir l’Église proche des personnes âgées, malades ou handicapées. En Église nous déployons de riches forces au service de la Pastorale de la santé. Mais quelle proximité ?
Une proximité qui souvent cible un public, personnes âgées, malades ou handicapées, une proximité tronquée, qui omet facilement les tenus à distance, les souffrants de l’échec pastoral, celles et ceux que l’on harcèle ou que l’on tient ou contient dans un bénévolat qui a ses effets induits pervers !
L’Église a un grand besoin pour tous ses acteurs de liens, en ces temps de mutation profonde, de prendre soin de la « santé » physique, sociale et morale de ses acteurs...
Bénévole !
Béné vole car elle doit survivre ! (sourire !)
Allez Béné, prends ce qu’on te donne, ne désire rien d’autre. Dis merci et ne te soucie donc pas du lendemain... Dieu y pourvoira !
Dans l’Église le bénévolat doit se méfier des idées récurrentes: la gratuité est chemin privilégié puisque l’Amour de Dieu est infini et gratuit ! La montée de l’individualisme conduit au désintérêt de l’autre et de l’engagement bénévole.
Mais le bénévolat est d’abord le choix, la décision de celle ou de celui qui décide d’exercer une activité, en donnant de ses talents et de son temps sans être rémunéré. Le bénévolat peut vite devenir aussi une suppléance au manque d’engagement de l'Institution et des communautés chrétiennes !
« Bartémiser l’Église ! »
La proximité de notre Église doit être marquée par l’attitude fondamentale de Jésus dans l’Évangile. Il s’agit de pendre soin de chacun pour que chacun devienne ou redevienne acteur de sa propre existence, malgré les fragilités sociales, spirituelles ou institutionnelles.
Jésus se laisse interpeller par Bartimée, cet aveugle qui ne tient pas « le haut du pavé » mais bien le « bas du fossé » le long du chemin de Jéricho. Il crie vers Jésus et ceux qui l’accompagnent le non-sens de sa vie.
Jésus aurait pu s’apitoyer, guérir, d’un seul geste ! Royal ! Non il a, à son égard, cette étonnante parole: « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Cette parole serait ironique si elle n’était d’abord parole adressée, c'est-à-dire prise en compte de l’existence ! Si elle n’était aussi cette parole puissante chargée de devenir: « Que puis-je devenir pour toi ? Qu’attends-tu de moi ? »
L’effort pastoral doit donner et redonner plus de vigueur à cette attitude fondamentale de rejoindre le désir. « Quel est ton désir, comment je peux correspondre communier à ton désir ? Que pouvons-nous devenir l’un pour l’autre ? »