J'ai les boules !
Samedi ou ça me dit pas trop mais faut bien aller faire quelques courses !
Donc je sors. Je démarre et je m’arrête à une boite postale, histoire glisser une lettre que je me trimbale depuis deux jours ! Juste là tout proche la jardinière jardine : il fait beau et encore frais. Je me fends d’un grand sourire et laisse s’envoler un « bonjour madame ! » … !!?? J’ai droit à un regard silencieux ! Je me retrouve aussi c.. que lorsque tu tends la main à quelqu’un qui oublie de te rendre la pareille ! C’est le syndrome « Bernardo » vous savez le copain muet de Zorro, qui fait semblant d'être sourd !
Pas grave ! Je poursuis ma route ! Et là, à un rétrécissement de voie, déboule en son plein milieu, à vive allure, une tvingo blanche ! Je me sers ardemment à droite pour éviter la boule blanche pilotée par une charmante jeune fille, qui me fait un grand merci ! Je respire ! Dans mon rétro je vois qu’elle arbore un superbe disque « A » du permis probatoire de jeune conductrice. Si jeune elle a déjà perdu son triple AAA ! Tristis !
Le super marché n’est pas loin. Je me gare. Enfin j’essaie, car l’espace libre est réduit … Faut dire qu’il y a là un 4*4 noir, énorme et narguant, stationné à cheval sur la ligne de séparation ! C’est fou quand même ce que le monde est bien foutu même un parking de super marché nous ouvre la bible et nous fait méditer entre David et Goliath !
Mon chariot est prêt ! Allons !
Premier croisement, la famille est là, chariot de bébé, chariot du super marché. Les enfants chahutent au milieu des allées, bébé dort, les parents contemplent les friteuses : obstruction ! Pas moyen de passer ! J’ai l’air de gêner ! Pas un mot ... Je prends une tangente après tout il y a plein de chemins qui mènent au Rhum !
Autre allée, autres rencontres. Un homme barre la route avec son chariot. Il médite devant des boites de conserves. De l’autre côté une brave dame est baissée au niveau « rayon des pris les plus bas » son popotin dépasse. Bref je klaxonne gentiment : « pardon ! » La dame bouge son derrière de quelques millimètres imperceptibles et replonge dans les boites et le monsieur est là immobile, inamovible, impassible, juste il se dégage de lui une odeur qui manifestement ne parvient pas des boites hermétiques de thon ! Ce n’est quand même pas net, ni du meilleur goût gueule-je , intérieurement…
Encore un ou deux slalom notamment entre une pile de boites de maquereaux qui s’est effondrée au bord de l’allée, et qui attend le service public d’équarrissage ! Là juste un peu plus loin un employé arrange le rayon ! Tiens voilà un intermittent du spectacle qui n’est pas en grève ! Et soudainement, à mon émerveillement, il s’excuse de me gêner, à peine ! Ah que c’est bon un brin de parole enfin, un pue d’humanité au milieu du grouillement de ces gens qui foncent tous sourires rentrés, sans regarder, ni a droite, ni à gauche, le portable de discernement collé à l’oreille mais toujours prêt à cracher leur venin d’égocentrisme ! J’arrive enfin à la caisse. La rapide ! Celle où l’on n’attend pas plus, mais pas moins que les autres ! J’ai en main la scanette tragique ! Le premier client de devant est empêtré dans des facturations infinies. Celle qui me précède se voit taxée d’une relecture ! Ah c’était bine la epine de faire le bouot elle va tut refaire ! J’ai le temps de méditer et de me dire : « Tiens, elle doit être comme moi celle là, elle ne vient pas assez souvent, car c’est pour cela m’a dit l’autre jour la caissière- qu’on a des relectures ! Et en plus on vous fait croire que vous êtes un voleur ! Je passe ; scanette ne me trahit pas : piste libre ! Yahoo… Bon week end !