N’aie pas peur !
Parole précieuse de Jésus reprise ici et là notamment par Jean Paul II et Benoît XVI. Combien sommes-nous à la suite de François de Sales à dire que la peur est plus grand mal que le mal ?
Et pourtant ce mal rôde, et plus ou moins consciemment est-il entretenu.
Je ne veux pas seulement parler de la peur de l’autre, différent, qui génère les exclusions sous bien des formes, (racismes, mises à l’écart, déportation, mort…)
Mais de cette peur du monde, de notre monde (relativisme, diabolisation, sécularisation…) autant de fils insérés dans la motivation de l’année de la Foi, qui en cela rejoint une conception d’un univers religieux où l’on confond religion et foi ! Un monde où l’on voudrait instiller toujours plus de sacré purificateur au détriment du risque de l’Évangile qui seul permet de dire « N’aie pas peur ! »
Au fil des événements la liste des peurs s’allongent : peur au Vatican, suite aux épisodes, jamais vus, du Vatileaks ! Peur des femmes, dont on écrit beaucoup plus sur elle, pour les exclure de tout ministère, que pour avancer vers de nouveaux horizons.
Peur de la sexualité, du plaisir, des gays, ces peurs ne faisant que s’amplifier à l’heure où dans nombre de pays on envisage un nouveau statut dans une alliance entre gays !
Peur de la coresponsabilité, peur de la collégialité et incapacité (ou refus !) à la vivre. Combien de fois dans nos discutions nous en venons à dire avec amertume, que nos évêques coincés entre « marteau et enclume » n’osent plus parler, ni même transmettre les aspirations du peuple de Dieu (des démarches synodales). Ils n’émettent plus que la pensée unique, « la voix de son maître ». A moins que ce ne soit pour prendre le profil bas qui les tiendra à l’abri du collimateur des intégristes, sans foi, ni loi.
Le maître, qui ouvre la Parole singulière et plurielle, qui appelle la confiance et la foi, qui nous inspire l’unique loi d’Amour, n’est-il donc pas Jésus ? SOS ! Il est urgent de nous redire, non pas que le monde est pourri, mais dans ce monde nous demander, où est Jésus Christ ? Les signes sont plus nombreux que l’on veut bien dire et les germes sont en attente ! (langage de Vatican II)
Au lieu de cela nous nous laissons conduire, glisser vers la religiosité, vers les grandes pompes liturgiques, et cette ritualisation de « désespérance » dans nos liturgies dominicales: agenouillements, communion dans la bouche, piété populaire, processions si possible dans la rue, adoration du St Sacrement…
Comment ne pas nous resituer devant les tables de la parole et du Pain de Vie ? Comment ne pas envisager l’Eucharistie dominicale en lien serré avec le « sacrement du frère… » et donc avec un langage et des signes compréhensifs aux hommes et aux femmes de ce temps.
Mon petit côté « intégriste » (secret…) consiste à regarder plutôt le grec que le latin, Saint Jean Chrysostome, plutôt de Mgr Lefebvre ! Ecoutez plutôt !
"L'autel du pauvre, plus grand que l'autre (autel de l’eucharistie), tu peux le voir élevé partout dans les rues et tu peux y sacrifier à toute heure", écrit saint Jean Chrysostome.

